ART EN EXIL

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" La chute
des grands hommes rend les médiocres et les petits importants. Quand le soleil décline
à l’horizon, le moindre caillou fait une grande ombre et se croit quelque
chose. " Victor
Hugo
"
La démocratie, c’est la grande Patrie. "
Victor Hugo
« La formation des États dictatoriaux, sans la
présence d’intellectuels étroits et minables, n’est pas possible. Ce genre
d’intellectuels dans les faits est au service d’un régime qu’il prétend
combattre ».
Hannah Arendt (intellectuelle allemande anti-nazie qui
est partie en exil)
CINEMA
Ne tirez pas sur
mes ours!
De Djavad DADSETAN documentaire,
France,
http://www.youtube.com/watch?v=k10XXJBcDFs
Said SOLTANPOUR
Poète, écrivain et dramaturge engagé, qui au printemps 1981 fût exécuté au soir de son
mariage. Traduit du persan par
l'Association Art En Exil
http://www.youtube.com/watch?v=tl7m1YJzO48&feature=share
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
L’association Art en exil a le
plaisir de vous annoncer la 10ème édition du
Festival international du
cinéma iranien en exil
Du 08 au 11
mars 2012
Au cinéma La Clef
Cette année encore, notre festival est dédié aux femmes et hommes,
combattants de la liberté.
Les neuf précédentes éditions de ce
festival présentées durant quatre jours, ont rencontré un vif succès auprès du
public parisien, drainé par les médias et une bouche à oreille très positif.
En conséquence, nous avons décidé d’en
présenter une 10ème édition qui aura encore une fois à cœur de faire connaître
le travail passionnant et indépendant des cinéastes immigrés.
Le festival aborde les thématiques
particulières à l’exil, à l’intégration dans la nouvelle société, aux
identités multiples, aux discriminations et à la résistance.
Les débats et les tables rondes se
déroulent en bilingue, avec une traduction simultanée ou successive en
français. Certains films de cinéastes (toutes nationalités confondues) ont été
réalisés dans la langue du pays où ils vivent, mettant en évidence une certaine
adaptation à la société d’accueil.
Nous mettons un point d’honneur à
rester en marge des circuits officiels des établishments gouvernementaux, afin
d’échapper à toute orientation de principe, voire à toute censure. Nous tenons,
de plus, à ne pas présenter des films caricaturaux, à caractère folklorique,
qui nous sembleraient réducteurs.
Fictions ou documentaires, ces films
témoignent de la douleur de l’exil, de la dénonciation des régimes
totalitaires, de la résistance, de critiques sociales et politiques,
d’actualités prises sous différents angles, qu’ils soient littéraires,
symboliques ou historiques. Ils illustrent le difficile combat que mènent les
cinéastes de leur pays, qui produisent des chefs d’œuvre trop souvent méconnus
parce que ne bénéficiant pas du soutien nécessaire.
Renseignements et réservations : 01 45 42 20 16/ 06 09
12 68 07 ou artenexil@free.fr
Site: http://www.artenexil.net/A3.htm
Cinéma La Clef : 34 rue Daubenton / 21 rue
de la clef, 75005 Paris
Accès : En
métro Station
"Censier Daubenton" (ligne 7), sortie "Rue Daubenton".
En Bus : Bus 47, Descendre à l'arrêt "Censier -
Daubenton".
En RER : Prendre le RER C et descendre à "Gare
d'Austerlitz" puis emprunter la rue Buffon
Avec le soutien de : l’ACSE,
Conseil Régional de l’Ile de France, la
Mairie de Paris
Association Art En Exil est la voix d’une culture humaniste,
pluraliste et citoyenne, détachée de toute appartenance politique.
http://www.facebook.com/pages/Paris-France/Art-En-Exil/112454305427
Twitter: http://twitter.com/Dadsetan
L’Association Art en Exil est membre effectif de
la FAIB : Fédération des Associations Internationales établies en Belgique
et agréée Jeunesse et Education Populaire par la Direction Régionale
et Départementale de la Jeunesse et des Sports de Paris- Ile-de-France/N° 75JEP
05-345
Association loi 1901 – N°Siret :
43771057700036 / code APE : 9001 Z
Avec le soutien de : l’ACSE,
Conseil Régional de l’Ile de France, la
Mairie de Paris
LETTRE
OUVERTE DE BAHMAN GHOBADI A ABBASS
KIAROSTAMI
"Je n'ai
qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert
et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon
âme. "
J'accuse
Émile ZOLA (L'Aurore, le 13 janvier 1898)
A propos :
Que se passerait-il si les sangliers et les chauves-souris ne
portaient pas le masque d’artiste, d’écrivain, de poète, de journaliste,
de scientifique, de politicien…pour acquérir de l’argent et de la notoriété en
aidant les dictateurs criminels à justifier leurs actes barbares ? Si seulement
censure et propagande appartenaient au passé, si seulement les vautours
sanguinaires ne portaient pas de masque, alors oui l’art serait en tout point
défendable et nous pourrions être fiers d’ériger les intellectuels comme porte-paroles
de ceux qui ne l’ont pas; mais voilà l’opportunisme règne et en Iran plus
particulièrement.
A propos de celui-là, (Abbass Kiarostami), il y a bien des années que j’ai
défini mes opinions à son égard, (d’ailleurs je dirai la même chose au sujet
des deux cinéastes), mais, n’y aurait-il personne pour poser la question au
deuxième (Bahman Ghobadi, de savoir s’il a pu dormir tranquillement
durant ces trente dernières années ? Et de lui demander « Quel acte
honorifique il à fait à l’égard du peuple iranien » pendant ce temps avec
les capitaux des institutions comme Farabi, le ministère de Ershad Islamique de
Khatami, et de Rafsanjani.
Grâce à quoi et avec quel budget vous et d’autres cinéastes et artistes iraniens, appréciés
par de nombreux responsables culturels de France, tels M. PANAHI et
M. RASSOULOF, (qui ont réussi à tromper des cinéastes du monde entier
et les
gens du cinéma avec fausse arrestation et interdiction de réaliser des
films), Asghar
FARHADI (réalisateur de film 100% propagande "Séparation" au
bénéfice de son producteur l'empire financier « Pasdaran, la milice du
régime Islamique », Rafi PITZ, Abolfazl DJALILI, MAKHMALBAF, Niki
KARIMI, kambouzia PARTOVI, Tahmineh MILANI, Rakhshan BANI ETEMAD, Marzieh Meshkini, Manijeh
Hekmat, Lila HATAMI, Madjid
MADJIDI, Mohammad HAGHIGHAT… Et les chanteurs comme: Shahram Nazeri,
Parissa, SHAJARIAN, les poètes comme Mohammad Ali SEPANLOO.
… Vous êtes vous fait une renommée
internationale ? Si ce n’est que l’argent du pétrole appartenant au peuple
iranien ? Et la pression de la République Islamique pour truquer son
visage à l’extérieur de l’Iran ? Les meilleurs d'entre vous sont ceux qui
sont les plus obéissantes face au pouvoir et qui savent retourner
leur veste le plus vite que les autres.
Vous (ambassadeurs et les mercenaires culturels)
des Ayatollahs, vous êtes parmi des experts qui savent retourner
leur veste car seul le pouvoir compte, vous avez de chances???
Avec les intellectuels occidentaux de toutes sortes, soi-disant engagées!!! Qui ignorent le sens
des valeurs profondes, la compassion, la notion de responsabilité...Qui devrait
avoir honte de leurs collaboration...Qui devraient se rendre en Iran et
participer plus activement aux lapidations, exécutions ou participer à la
pratique de la torture ou d'autres formes de traitement cruel du régime
des ayatollahs ...Parfois je me demande que ces gens-là (les intellectuels occidentaux), jugent les artistes par leurs
œuvres, ils peuvent bien proposer à la direction de leur établissement, une
exposition des tableaux d’Hitler et Seif al-Islam, un des fils du
colonel Mouammar Kadhafi, architecte peintre qui a
exposé ses oeuvres dans plusieurs pays, ils peuvent même inviter Mr
KHAMENEI (guide suprême de la République Islamique d’Iran) pour une conférence
sur la musique iranienne car c’est un connaisseur et musicien.
Pendant le premier mandat
présidentiel de Ahmadinejad, vous l’avez considéré comme un bon président et n’avez aucun problème avec lui ?
Et maintenant que Ahmadinejad est moins généreux et à priori
crée des problèmes à l’extérieure de l’Iran, et en soutenant le soit
disant réformateur, Mousavi (un des candidats que l’occident veut bien imposer aux
iraniens et
le candidat préféré d’un certain responsable culturel et politique français et certain intellectuels
iraniens,
celui-ci, en tant que premier ministre pendant 9 ans cautionnait les crimes
horribles de l’Ayatollah KHOMEINY), vous ne vous entendez plus avec Ahmadinejad?Pourquoi donc ne dites vous mot
au sujet des crimes contre l'humanité, les tortures pendaisons des
meilleurs de la jeunesse d’Iran par ce régime barbare et ça dure depuis depuis
33 ans pendant vos interviews en occident ??? Non assistance à personne en danger,
vous connaissez ? Je vous accuse, vous et ceux qui gardent le silence face à la violence Mais ce qui me
dégoûtera toujours autant, c'est bien la passivité des témoins
Il fait des reproches à son
confrère Kiarostami en l’occurrence ! Encore bien heureux qu’ils se dénoncent mutuellement
et de temps à autre, ainsi il me facilitent la tâche, autrement si
Kiarostami n’aurait pas dit du mal à propos de son dernier film, il
l’aurait été encore un gentil papa pour ce garçonnet ??? N’est-ce pas ?
Mes salutations,
Djavad DADSETAN
Directeur Artistique
Association Art en Exil
LETTRE
OUVERTE DE : BAHMAN GHOBADI A ABBASS
KIAROSTAMI
Comment pourrez vous dormir paisiblement ?
Cher monsieur Kiarostami !
Dans ces moments critiques et décisifs, que vous le
voulez ou pas, le critère de l’honneur, le respect et la fierté, serait
l’accompagnement du peuple et l’intransigeance avec ses ennemis. Vous, avec vos
déclarations vous nous déconseillez de contester dans les festivals, de nous
joindre au peuple et de produire des films sur les problèmes soucieux
politiques. Les gens n’oublieront pas le silence des artistes, ils sont les
meilleurs juges.
Cher Monsieur Kiarostami,
Durant toutes les années dont je vous considérais un
respectueux, bien cher et aimant cinéaste, je ne me suis jamais permis de
t’écrire même pas une seule lettre personnelle. A chaque fois que je désirais
exprimer mes sentiments et formuler mes plaintes et nostalgies, j’ai préférais
vous écouter vous et vos paroles apaisantes. Mais vos derniers discours et vos
récents entretiens avec les médias étrangers m’ont tellement impressionné et
étonné que pour la première fois je me permets de vous écrire.
Tout a commencé depuis la maudite soirée.
Le soir au festival d’Abou d’Abie, vous m’avez
interpellé en me prennent par le bras et m’attirant dans un coin pour me dire
que mon film, « les chats persans », ne vous plaisait pas.
Cela ne m’a pas vexé, mais j’étais profondément
choqué! Car quelques mois auparavant aux projections privées dans ma maison à
Téhéran, vous l’aviez vu et vous m’aviez dit que vous l’aimiez.
C’était inimaginable de voir qu’une personnalité
comme vous, en espace de quelques mois seulement change d’avis à ce point.
Malgré cela j’ai apprécié votre point de vue et je vous ai remercié mais vous
avez continué vos attaques :
Vous avez prononcé des mots et faites des
déclarations que je n’aurais jamais imaginé pouvoir entendre de votre part. Tu
as commencé par moi cinéaste et ma manière de voir les lacunes de notre
société, puis tu as continué tes critiques envers Mr. Jafar PANAHI, ensuite tu
nous as passé tous le savon et tout cela sous un ton peu gentil avec des propos
désagréables dont jamais je n’aurais cru les entendre dire par vous qui êtes
habituellement si poli et digne. Vous avez comparé nos manières de faire des films
au plus infirmes actes et critiqué notre façon de regarder les événements
récents de notre société.
Tu ne t’es pas arrêté à ces propos, tu m’as accusé
et condamné moi et d’autres qui avions entendu les cris des gens dans les sous
sols, les maisons, les ruelles, et les passages de notre ville, pour être des
menteurs.
Tu as déclaré que lorsque les spectateurs acclament
et applaudissent à la fin d’un film, c’est la mort de son réalisateur.
Est-ce que lorsqu’au festival de Canne, quand les
films du « Goût de la cerise » et « au travers les
oliviers » se terminaient et que les spectateurs acclamaient et
applaudissaient, la fin du cinéaste KIAROSTAM s’approchait ? Après la
projection de mon film dans cette immense salle, la seule personne assise sur
son feuteuil et qui n’applaudissait pas et qu’avait été en colère c’était vous.
Mon bien cher professeur !
Vos commentaires et connaissances sur le cinéma sont
respectueux pour moi tout comme pour les amoureux du cinéma, mais cela ne
justifie pas de vous donner raison et de vous permettre de décider des devoirs
pour les autres avec votre nature unilatérale et limitée concernant le monde
artistique et de juger sans valeurs leur cinéma différents de tes propres
œuvres qui sont éteintes, sans voix, et sans connections avec les troubles
sociales.
Moi, j’obtiens mes récompenses et mes prix dans le
souffle chaud des spectateurs de mes films. Les mêmes applaudissements et
encouragements à Abou Dhabi, m’étaient plus valorisants que la récompense en
argent liquide dont les mêmes spectateurs m’ont donnée. Contrairement à vous,
moi, je crois aux effets affectifs qu’on a sur son interlocuteur, et j’en ai
fait mon style et ma méthode de travail.
Quand ce soir là tu m’as tiré dans un coin, j’ai
pensé que tu avais l’intention de me consoler. Alors au même moment j’ai du
essayé de m’expliquer pour que tu sache que moi j’ai la conviction que, ne pas
donner de prix et ne pas en recevoir n’a nullement besoin d’explication.
Si seulement tu te serais tu sur le champ, tu n’aurais pas brisé par cette voix épouvantable le mythe que j’avais construit
de toi pendant toutes ces années là.
Cher monsieur KIAROSTAMI!!
Pour innocenter votre image tachée par votre silence
et votre conservatisme, il n’est pas juste de viser l’engagement social de nos
films, et de nous accuser, et réprimander à cause de nos spécificités graves et
importantes qui nous sont propres dont vous n’en possédez surtout pas.
Courant toutes ces années, sans jamais vous laisser
influencer par la politique et la société, vous avez fait des films, bien
évidemment par votre choix et grâce à vos droits le plus absolus . Le silence
aussi était votre droit, pourtant si
vous aviez ouvert votre bouche pour critiquer la violence des dirigeants et la
situation instable de la société, vos marges de la sécurité seraient été plus
larges que les nôtres.
Si les festivals et les ONG sont là pour nous
défendre, moi, Djafar et bien d’autres cinéastes iraniens au cas où on nous
voudrait du mal, il y aurait les Nations
Unis qui vous protègera en face d’un petit chiquenaude éventuel de la part du
régime. De toute manière comme je l’ai déjà mentionné, le silence est votre
droit. Mais ce qui n’est pas de votre droit, ce sont des paroles qui font les
titres des journaux protégeant le gouvernement iranien et satisfont le régime
en Iran. Sous quelles critères tu te permets de te moquer des efforts du
cinéastes qui accompagnent la population meurtri et honorable avec des
paroles vulgaires et pire encore tu utilises le même langage que les dictateurs
religieux pour prohiber des mauvaises actions ?
Que s’est-il passé pour qu’on entend de vous les
mêmes paroles qu’on entendais dorénavant
de la bouche des responsables gouvernementales du cinéma et les
journalistes de Keyhan (le quotidien censuré du gouvernement) ?
Il y a quelques temps de ça, tu avais déclaré que
l’Iran serait le meilleur endroit du monde pour produire des films. Peut-être
pour un cinéaste comme vous avec le genre de film que vous faîte. Mais tu sais très bien que pour les cinéastes
qui rêveraient d’un cinéma indépendant et intellectuel l’Iran
d’aujourd’hui et la société iranienne a son importance, cela ils souffrent à
mort de l’atmosphère militarisant et
garnisonique du monde du cinéma. Comment pourrais-tu considérer un pays qui
impose les pires censures à l’art de production de film, le meilleur pays pour
produire des films ?
Dans un climat où nos cinéastes se voient interdits
de sortie de territoire l’un après l’autre et certains parmi eux comme Djafar
PANAHI, perd l’opportunité de collaborer dans un immense projet international à cause de ça, toi au lieu de
prendre leur deffence et les soutenir, tu les réprime en disant ; pourquoi ils
ne font pas de film en Iran- le meilleur pays au monde, selon vous pour
produire des films- ? Vous
plaisantez certainement. Mais moi, je n’ai remarqué aucun signe de plaisentrie,
facétie et allusion dans tout ce que tu as dit. Si tu crois vraiment à ce que
tu dis, alors pour quelle raison tu as produit to plus récent film en Toscane
en Italie, à cinq mille kilomètres de Téhéran ?
Tu as déclaré sous un ton moqueur :
« Si Bahman Ghobadi pense faire des films dans
de meilleures conditions à l’étranger, je le félicite … Car tout ce que
j’ai vu des iraniens qui ont quitté le pays, ils n’ont pas un résultat bien positif… » Je ne suis jamais sorti
volontairement de l’Iran. On m’a expulsé de mon pays. On m’a fermé toutes les
portes sur moi en m’empêchant de faire des films. Malgré toute ces difficultés,
durant les jours que vous en Italie, vous organisiez les préparatoires pour
votre nouveau film, moi, je faisais mon dernier film en plein cœur de Téhéran.
Je ne souhaite pas interpréter tes déclarations en tant que absurdité.
Si moi, comme tout autre patriote, défends les
intérêt de mon pays, et m’inquiète pour ma société, si je fais des films pour ma société, c’est
par ce que c’est cette même société qui a fait de moi un cinéaste . Moi, je ne suis du tout d’accord de quitter
la patrie, alors comment voulez –vous que j’encourage les jeunes à quitter le pays.
Bientôt tous mes interlocuteurs à l’intérieur de l’Iran pourront visionner
gratuitement mon film et porteront un jugement à son sujet.
Tu as dis :
« …Là où chaque nuit, je dors paisiblement,
c’est ma propre maison… » Comment pourriez vous dormir paisiblement, alors
que le monde entier est au courent de ce que l’on fait subir à la jeunesse
iraniennes, chaque jour. Comment
pourrais-tu dormir paisiblement, alors que le peuple iranien ne peut
fermer l’œil et vit dans l’inquiétude d’un avenir noir pour ses enfants ?
Qu’en sais-tu de l’inquiétude et de la frayeur que l’on sent lorsque on produit
un film sans visa ni autorisation ? Qu’est-ce que t’en sais de ce que veut
dire la prison lorsque ton film trouve un succès à Canne et l’inquisition que
l’on subit à cause de tes déclarations faites à l’extérieur du pays ? J’ai
subi et vécu tout cela avec âme et cœur, c’est pour cela que je ne puis dormir
tranquillement comme vous. Et c’est pour cela que la société iranienne
d’aujourd’hui m’importe plus que le cinéma.
Pour venir en aide à mes compatriotes qui vivent
dans la douleur et l’injustice, je suis prêt à abandonner le cinéma et rendre
service et faire mes devoirs vis-à-vis d’eux. Je suis nostalgique pour mon
petit appartement avec son unique chambre à coucher dont à une époque je
faisais des bonnes nuits tranquilles, et pendant la journée je recevais mes
amis et collègues du travail. Il y a bien long temps que je n’avais plus de
sommeil tranquille là-bas. Mais vous, vous dormez paisiblement. Certainement que
vous le pouvez.
Tu as dit :
« …Je voudrais continuer à faire des films dans
mon pays et dans ma langue maternelle… »
On ne vous avait jamais condamné au silence à cause
de votre kurditude, pour votre sunniticité. Mais dans ce même pays qui est
aussi le mien, on ne m’a jamais permis de faire un film dans ma langue
maternelle, et l’un des causes de confiscation de mes films c’est cela même.
Moi, tout comme vous, j’aimerais faire des films
dans mon propre pays et dans ma propre langue maternelle. Moi aussi je suis
amoureux de mon pays et de ma maison. Mais tout cela je les ai perdu, car je
n’ai pas choisi le silence. Et vous, vous avez tout cela - au prix de votre
silence et de n’avoir jamais rien dit.
Si seulement tu avais laissé tout dans le même état
de chose. Tu aurais avancé sur ton
propre chemin avec tes biens et ton sommeil paisible, qui t’assurait dans ta
maison au fond de ce cul de sac. Et nous, nous aurions avancé sur notre chemin,
criant autant que ces gens dont leur destin nous est plus cher que le cinéma,
avec nos bien que l’on nous a confisqué et confisque encore.
Quelle nécessité nous avons pour chanter au même
rang que ceux qui répriment et écrasent
la population ?
BAHMAN GHOBADI
Lettre ouverte à Madame
Juliette Binoche
Madame
Binoche
Nous, les artistes iraniens en exil, nous nous
étonnons de votre collaboration et pour votre amitié étroite avec Monsieur
ABASS KIAROSTAMI qui est un cinéaste pro régime des ayatollahs.
Savez-vous
que quand vous soutenez des réalisateurs comme Monsieur Kiarostami, pour
ne citer que le plus connu des cinéastes iranien actuel, c’est au régime
criminel des Mollahs que vous tendez la main…
Sous
prétexte d’esthétisme, c’est l’éthique
des valeurs de la République Française qui est bafouée.
Découvrez
sa lettre à Monsieur AHMADI NEJAD actuel président, sur notre site:
http://www.artenexil.net/A3.htm
Nous
ne pouvons pas imaginer une artiste sensible aux malheurs des autres comme vous
(d’ailleurs nous avons pu le constater par vos propos lors de vos interviews
dans la presse) cautionner des travaux d’un cinéaste qui n’a aucune sensibilité
envers la misère de son peuple et les crimes de ses amis. D’ailleurs nous pouvons penser qu’il est né en Norvège plutôt
qu’en Iran.
Si vous juger les artistes par
leurs œuvres, vous pouvez proposer à Mr Gilles JACOB d’organiser en marge de festival de Cannes
une exposition des tableaux d’Hitler, ou vous pouvez même inviter Mr KHAMENEI
(guide suprême de la République Islamique d’Iran) pour une conférence sur la
musique iranienne car c’est un connaisseur et musicien.
Votre dernier film avec
Mr ABASS KIAROSTAMI qui a toujours la chance !! D’être présent dans les
festivals, produit par les sociétés de productions soi-disant italiennes, françaises et belges a
toujours la mauvaise odeur de la république islamique. Vous pensez peut-être
que les artistes et cinéastes iraniens… parviennent juste à être assez rusés
pour passer au travers de la censure. C’est vrai qu’ils sont très rusés mais
plutôt envers vous et les intellectuels d’Occident aux âmes naïves et
innocentes, et très mal informés, à cause de leurs amis et conseillers iraniens
collaborateurs du régime!
De par cette occasion, nous
attendons impatiemment que dans un proche avenir et grâce à vous,
nous puissions être les témoins de la
présence de films qui seront réalisé par le reste du régime de la République
Islamique d’Iran, non seulement aux festivals Français mais aussi dans tous les
festivals du monde entier. C’est d’ailleurs le cas de plusieurs festivals
officiels organisés
tous les ans en France, mais également dans tous les pays d’Europe, sous
vos yeux, aidés par votre silence pesant et votre aide directe ou indirect ?
Vous avez parlé dans
une interview de la manière de conduire des iraniens à Téhéran et vous avez
échappé à un accident. Mais est ce que Mr KIAROSTAMI ne vous a jamais parlé de Triste record des accidents de la
route ! (Plus de 32.000 iraniens multiplié par 31 années d’existence de ce
régime = 992.000 vies) ? Est ce que Mr KIAROSTAMI ne vous a jamais
parlé de cette réalité que l’Iran a le
taux record de suicide chez les adolescents – 1er rang
mondial ! Cela fait plus de 31 ans
que ce régime est en guerre avec son propre peuple ! Voudriez- vous l’être
aussi ? Prenez encore le temps
de lire cette lettre à vos amis intellectuels iraniens et pour tous ceux qui soutient directement ou indirectement le régime
criminel et corrompu des ayatollahs ! Parlez en autour de vous. - Savez-vous que votre ami réalisateur est d’accord
avec la pratique de realpolitik (hypocrisie !) et dire que c’est toujours
la faute du peuple, et jamais celle du régime ? Pour pouvoir continuer une misérable
vie ? Devenir aveugle, sourd et muet vis-à-vis des crimes et des
discriminations de toutes sortes du régime ! Dire du bien de régime à
l’intérieur du pays et faire de gentille critique (murmurer à l’oreille mais
jamais devant les médias !) à l’extérieur ?
- Que pense t’il d’un
pays très riche en gaz et pétrole, et qui n’est pas capable de retenir ses
jeunes adultes, ses universitaires et ses diplômés ? D’après les chiffres
de l’ONU et du régime, 180.000 personnes qualifiées émigrent par an, plaçant
l’Iran au 1er rang mondial
pour la fuite de ses « cerveaux », sans compter les exilés.
- Grâce à lui !! Savez-vous
que le chiffre officiel des lycéennes se prostituant est en augmentation de 600
% à Téhéran ? Que plus de 4000 filles dorment dans la rue et que 300.000
enfants sont sans abris et travaillent dans les rues (alors comment
pourraient-ils profiter de l’alphabétisation ?) Ne dites pas qu’ils sont
afghans (dans les reportages réalisés par les journalistes fort heureusement conscients, on voit bien que les enfants du travail sont iraniens) ! Que plus de 80% des gens vivent sous le
seuil de pauvreté ! Et pourquoi ne voit-on que rarement d’articles écrits
par des intellectuels dénonçant les conditions inhumaines dans lesquelles
vivent les Iraniens ? Ne comparez pas l’Iran à l’Arabie Saoudite ou le
Pakistan au Bangladesh, mais comparez plutôt l’Iran avec, par exemple, la
Norvège, un pays riche également en pétrole ! A son avis, pour quoi
des centaines cinéastes iranien ont quittés le pays et des milliers d’autres en
Iran, qui sont privés des facilitées réservées à lui et quelques cinéastes
officielle. pouvez-vous demander lors d’une conférence de presse à Monsieur
KEYA ROSTAMI s’il est au courant de ce qui se passe dans son pays (Iran) ?
- Savez-vous que,
d’après les chiffres de l’ONU, l’Iran se
place au premier rang des pays consommateurs de drogues dures ? Plus
de 40 % des jeunes se droguent !
- Savez-vous que,
d’après les chiffres de l’ONU, l’Iran se place comme le premier pays pour les morts causées
par la pollution (plus de 28.000 iraniens multiplié par 31 années d’existence
de ce régime = 868.000 vies) ? Ajoutez ces chiffres aux centaines de
milliers de braves gens qui ont été massacré au début de la révolution dans les
prisons du régime et pendant la guerre avec l’Irak…
- Savez-vous que le sort
de la femme reste encore très précaire et dépend du bon vouloir du père, du
frère ou du mari ? Surtout ne dites pas que les femmes iraniennes sont
majoritaires (en nombre) dans les universités, dites plutôt qu’elles n’ont rien
d’autre à faire qu’aller à l’école en attendant de se marier (quand elles ne
sont pas obligées de travailler ou de vendre leurs reins, ou encore de se
prostituer pour pouvoir soutenir leur famille). Ne dites pas non plus que les
femmes iraniennes sont libres, parlez plutôt de la répression qu’elles
subissent chaque fois que c’est nécessaire, de leur semi-liberté occasionnelle
considérée comme une soupape de sécurité !!!
- Approuvez-vous les
lapidations, les condamnations à mort, l’exécution des enfants et les
pendaisons publiques pour des délits de droits communs (l’Iran se place en 3e
place après la Chine et les Etats-Unis), sans oublier la lapidation réservée
aux femmes et les exécutions des homosexuels ? En fait, le régime a
annoncé qu’il cesserait d’appliquer la peine de mort pour les mineurs
uniquement dans les affaires de drogue, et non pour les meurtres. Or,
la totalité des mineurs condamnés à mort ont été inculpé pour meurtre. De
plus, depuis 1980, la majorité en Iran est à 15 ans pour les garçons et à 9 ans pour les filles, et il y a
rarement des trafiquants de drogue à cet âge-là.
- Ça vous dit quelque chose le nom
de Zahra (Ziba) Kazemi (journaliste / cinéaste irano canadienne violée,
torturée et assassinée, Mohammad Mokhtari et Mohammad Djafar Pooyandeh
(écrivains) et beaucoup d’autres journalistes à l’époque de Khatami) ? Le 22
mars 2009, Omidreza Mirsayafi décédait dans le sinistre prison d’Evin à
Téhéran. Omidreza Mirsayafi n’était pas le cyber dissident le plus connu ou le
plus actif. Son blog traitait de sujets musicaux et artistiques. En avril 2009,
la journaliste irano-américaine Roxana Saberi a été emprisonnée pour
espionnage, alors qu'elle avait reçu l'autorisation d'entrer en Iran pour
tourner un documentaire. Plus récemment, en octobre 2009, Fariba Pajooh, jeune
journaliste qui tenait un blog pour dénoncer les exactions commises à
l'encontre des manifestants, a été jetée en prison. Elle risque la peine de
mort.
Chère Madame BINOCHE, veuillez
continuer votre silence respectueux et votre sommeil historique, vis à vis la
lourde censure, lapidations, l’arrachement de l’œil, exécutions et … bien d’autres
crimes journaliers commis par le régime des Ayatollahs en Iran, car nous sommes
conscients que vous n’avez ni le temps,
ni la patience d’entendre ou de parler des sujets banals et sans importance
comme nous venons de citer dans cette lettre.
Madame, si nous
revivions la seconde guerre mondiale, soutiendriez-vous Bertolt BRECHT,
Marlène DIETRICH, Fritz LANG ou HITLER? parce qu’il était un
artiste peintre (en parlant uniquement du travail artistique d’Hitler) ? Si nous revivions le coup d’état des Colonels,
soutiendriez-vous Mélina Mercouri ou les Colonels ? Hannah Arendt
intellectuelle
allemande anti-nazie qui est partie en exil, a résumé l’influence du
comportement des intellectuels dans la stabilité des régimes dictatoriaux. Ne
peut-on pas généraliser ses dires à notre société intellectuelle, à l’intérieur
et à l’extérieur du pays ? « La formation des Etats dictatoriaux, sans la
présence d’intellectuels étroits et minables, n’est pas possible. Ce genre
d’intellectuels dans les faits est au service d’un régime qu’il prétend
combattre ». Si aujourd'hui on en est là, c'est en grande
partie en raison des lourds silences, ou de l'encouragement et de la
collaboration de longue date de l'Occident (de ses responsables politiques
et/ou culturels) avec le régime des Mollahs.
La situation actuelle est due
aussi en grande partie à la collaboration avec les Mollahs des intellectuels
iraniens vivant en Iran ou dans d’autres pays.
La liberté n'a pas de prix mais elle a un coût; je pense que c'est à nous tous,
les défenseurs de la liberté, de nous investir.
Monsieur
KIAROSTAMI et ses amis soi disant artiste !!!Ne prennent pas comme modèles
les cinéastes tels que Stanley Kubrick,Youssef Chahine, Fritz Lange ou Mélina Mercouri, mais au contraire
ils encouragent et défendent depuis les premiers jours de la révolution, le
régime islamique et son idéologie et leur rôle est de maquiller ce régime, (je
vous invite à lire les articles écrits par les cinéastes exilés à l’intérieur
et à l’extérieur de l’Iran, sur notre site internet: http://www.artenexil.net/A3.htm) et je
vous rappelle qu’aucun film ou produit culturel ne sorte d’Iran, sans contrôle
de fidélité de l’auteur envers les Mollahs et autorisation préalable du
régime !. Notre demande, en tant qu’artistes iraniens en exil, est que
vous questionniez votre conscience, A votre avis votre lourd silence à propos
des actes de ce régime qui fait partie des plus criminels du monde, ne serait-il
pas une sorte d’approbation ?
Pour conclure : Malheureusement tous ces faits et chiffres sont
vrais... Ils peuvent être vérifiés sur les sites des Nations Unies, des Droits
de l’Homme, Amnesty International et
des Reporters sans frontières. Un certain nombre de journalistes, heureusement, sont
conscients de la situation en Iran.
NB : Nous exigeons que, lors
de vos prochains voyages en Iran, de demander de Monsieur KIAROSTAMI,
d’organiser les spectacles comme des lapidations, des tortures
innombrables, des exécutions des jeunes (on vient d’exécuter
cinq jeunes manifestants) et finalement une visite touristique et culturelle des
journalistes emprisonner par ce régime s’impose, car ça va lui plaire !
Nous en sommes certain. Nous envisageons de porter plainte devant la Cour pénale internationale pour
« complicité dans les
crimes commis par le régime criminel et corrompu des ayatollahs », contre tous
ceux qui soutiennent directement ou indirectement ce régime.
Nous vous demandons de bien vouloir
nous excuser pour le dérangement.
Je me tiens à votre entière disposition pour
vous fournir plus de renseignements si vous le souhaitez.
Je
vous prie de croire, à l’expression de ma profonde considération.
Bien cordialement,
Djavad DADSETAN
Directeur Artistique
Association Art en Exil
Paris le 08/ 05 /10
Association Art En Exil
est la voix d’une culture humaniste, pluraliste et citoyenne, détachée de toute
appartenance politique.
C’est
une époque bizarre, monsieur Ahmadinéjad !
Un jour, mon fils
qui avait cinq ans à cette époque-là, mangeait un biscuit. Un ami lui en a
demandé un peu et moi aussi je lui ai demandé de m’en donner. Mais Bahman
n’avait qu’un seul biscuit. Perplexe, il nous a regardés en se demandant auquel
de nous deux il donnerait son biscuit. Mon ami a simplifié le problème et lui a
dit : « Donne le biscuit à celui que tu aimes le plus ! »
Bahman nous a regardés et m’a dit : « Papa, je t’aime plus mais j’ai
envie de lui donner mon biscuit. » Je ne sais toujours pas ce qui s’est
passé il y a vingt et quelques années dans la tête de mon fils de cinq ans,
mais moi j’ai des raisons de pourquoi je donnerai mon vote à quelqu’un d’autre.
Monsieur Ahmadinéjad, il y a pour moi des
raisons simples qui expliquent pourquoi je t’aime plus que l’autre. Tu me rappelles l’année 1357(1979). A
cette époque-là, la morale, l’objectif et le sacrifice n’étaient pas des mots
abstraits pour changer la vie de la population ; ils étaient des choses
naturelles et des détails vivants de l’esprit et de l’action de millions de
jeunes croyants, sains et honnêtes qui voulaient utiliser la révolution pour
que la classe opprimée de la société vive dans de meilleures conditions. Je
regarde après vingt et quelques années et je comprends clairement cette
protestation et ta dépression intérieure. Tu rends encore vivant, sans
mensonge, le « nous » de l’année 57 (79). Je t’aime parce que je ne peux
pas ne dire la vérité à moi-même que ce que tu dis est vrai. C’est la réalité que dans le monde actuel,
les sommets de la richesse en dominant les marches de la puissance, ne laissent
aucune place pour le développement de la population.
Mais monsieur Ahmadinéjad, il y a quelque chose qui te
rend inapte au monde de 2005. Donc, malheureusement, tu ne sers que d’être
déprimé dans un monde sans principes. Un monde qui est construit en 27 ans et
dont nous aussi nous faisons partie. Le monde a créé des conditions difficiles
pour ceux qui disent la vérité, mais ceux qui sont de la même espèce, sont
capables de se comprendre et…
Cher ami, je dis simplement que nous ne pouvons pas
nous arrêter en 1357 (1979). Les croyances de cette époque sont terminées et
dans les équations compliquées actuelles, nous ne sommes pas les seuls décideurs
du jeu actuel. Tu
es trop honnête et trop principiel pour jouer dans le jeu complexe des
politiciens corrompus par le pouvoir. Donc,
comme disait Modaresse : « Maintenant, il faut quelqu’un qui sache
les règles du jeu de ce monde. »
C’est pour cela que je donnerai mon vote à
quelqu’un que j’aime moins que toi *mais qui comprend mieux que toi les réalités de la vie
d’aujourd’hui. Tout mon
espoir est qu’au moins il comprenne en faisant attention à ceux qui votent pour
toi, que notre population opprimée est dans l’attente, qu’il fasse attention à
cette classe démunie et qu’il donne plus d’importance à la santé de
l’administration de la société. Cher ami, j’ai voté deux fois jusque-là et j’ai
regretté les deux fois*. Cette fois-ci j’irai plus préparé à l’urne,
mais je donnerai mon vote à quelqu’un d’autre que j’aime moins que toi. C’est une époque bizarre,
frère !
* Ayatollah Akbar RAFSANJANI
* Ayatollah KHATAMI
Cette lettre a été publiée sur plusieurs sites et dans
la presse écrite à l’intérieur du pays, y compris dans Khâbgarde, Bâztâbe, Agence de
presse IRNA, Aftâbe, Gooya, etc.…
N.B.
Les
responsables culturels continuent à soutenir M. Abbas Kiarostami et les
producteurs et les distributeurs de films
des Mollahs : (comme MK2, ARTE, Théâtre de la ville, Centre Georges
Pompidou…) même si aujourd'hui la source du mal est parfaitement connue…
Lettre ouverte à M. Costa GAVRAS
Que se passerait-il si les
sangliers et les chauves-souris ne portaient pas le masque d’artiste, d’écrivain,
de poète, de journaliste, de scientifique, de politicien…pour acquérir de
l’argent et de la notoriété en aidant les dictateurs criminels à justifier
leurs actes barbares ? Si seulement censure et propagande appartenaient au
passé, si seulement les vautours sanguinaires ne portaient pas de masque, alors
oui l’art serait en tout point défendable et nous pourrions être fiers d’ériger
les intellectuels comme porte-paroles de ceux qui ne l’ont pas; mais voilà
l’opportunisme règne et en Iran plus particulièrement.
Hannah Arendt, intellectuelle allemande anti-nazie qui est
partie en exil, a résumé l’influence du comportement des intellectuels dans la
stabilité des régimes dictatoriaux. Ne peut-on pas généraliser ses dires à notre
société intellectuelle, à l’intérieur et à l’extérieur du pays ? « La
formation des États dictatoriaux, sans la présence d’intellectuels étroits et
minables, n’est pas possible. Ce genre d’intellectuels dans les faits est au
service d’un régime qu’il prétend combattre ».
« Qui ne connaît pas la vérité n’est
qu’un imbécile (ou un ignorant) mais qui, la connaissant la dissimule, celui-là
est un malfaiteur (ou un criminel) »
Bertolt BRECHT
C'est
pourquoi nous écrivons ici, afin d'avoir peut-être plus
d'impact, car nous avons vraiment le sentiment de ne pas être
écoutés ...
Cher Monsieur GAVRAS
Lors de
notre rencontre à la cinémathèque, je vous ai remis un dossier de 12 pages, qui
contenait des arguments solides sur les méthodes du régime des Ayatollahs dans
le domaine de la publicité à l’extérieur du pays, en utilisant l’art, et
notamment le cinéma. Ainsi je vous ai demandé de programmer les films des
cinéastes iraniens en exil (les vrais exilés), mais il semblerait que le
résultat de ma demande ait basculé par deux fois en faveur des cinéastes
nourris des mains de ce régime…
D’abord, vous avez privilégié, en donnant toutes les facilités de la
cinémathèque, ceux qui que ne sont que les partisans d’un autre Mollah
(réformateur !!!), M.
MOUSAVI (un des candidats que l’occident veut bien imposer aux iraniens),
celui-ci, en tant que premier ministre pendant 9 ans cautionnait les crimes
horribles de l’Ayatollah KHOMEINY.
Comment
pouvez- vous expliquer cette discrimination évidente???
Je me pose la question de savoir d’où vous
connaissez M. PANAHI, M. KIAROSTAMI, M. RASSOULOF? et d’autres cinéastes
et artistes iraniens, appréciés par de nombreux responsables culturels de
France, tels Abolfazl DJALILI, MAKHMALBAF, Niki KARIMI, kambouzia PARTOVI,
Bahman GHOBADI, Tahmineh MILANI, Rakhshan BANI ETEMAD, Marzieh Meshkini,
Manijeh Hekmat, Lila HATAMI, Madjid MADJIDI, Rafi PITZ, Asghar
FARHADI,
Mohammad HAGHIGHAT… Et les chanteurs comme: Shahram Nazeri, Parissa, SHAJARIAN,
les poètes comme Mohammad Ali SEPANLOO. …
S’ils étaient vos voisins, vos cousins ou encore vos anciens
camarades de classe, je comprendrais mieux votre geste humaniste…
Ils ne prennent
pas comme modèles les cinéastes comme Stanley Kubrick,Youssef Chahine, Fritz
Lange ou Mélina Mercouri, mais au contraire encouragent et défendent depuis les
premiers jours de la révolution, le régime islamique et son idéologie et leur
rôle est de maquiller ce régime, (je vous invite à lire les articles écrits par
les cinéastes exilés à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, et je vous rappelle qu’aucun film ou produit
culturel n’est jamais sortie d’Iran, sans contrôle de fidélité de l’auteur
envers les Mollahs et autorisation préalable du régime !.
Si vous juger
les artistes par leurs œuvres, vous pouvez organiser dans votre établissement,
une exposition des tableaux d’Hitler, ou vous pouvez même inviter Mr KHAMENEI
(guide suprême de la République Islamique d’Iran) pour une conférence sur la
musique iranienne car c’est un connaisseur et musicien.
Je suis profondément affligé de l’incroyable silence des responsables
politiques et/ou culturels, envers d’autres cinéastes iraniens, qu’ils soient
en exil à l’intérieur comme Bahram BEYZAI (il vient de quitter l’Iran), Nasser
TAGHVAI, véritables maîtres du
cinéma (même si je suis en désaccord avec eux sur certains points de vue) ou à
l’extérieur comme Moslem MANSOURI, Parviz SAYAD et bien d’autres, tout aussi
talentueux. Silence également sur les exécutions quotidiennes des vrais
opposants en Iran. Cela fait 32 ans que cela dure. Le 22 mars 2009, Omidreza
Mirsayafi décédait dans la sinistre prison d’Evin à Téhéran. Omidreza Mirsayafi
n’était pas le cyber dissident le plus connu ou le plus actif. Son blog
traitait de sujets musicaux et artistiques. Plus récemment, en octobre 2009,
Fariba Pajooh, jeune journaliste qui tenait un blog pour dénoncer les exactions
commises à l'encontre des manifestants, a été jetée en prison. Elle risque la
peine de mort. Mona Mollakhani a été arrêtée en 2005 à Téhéran pendant qu’elle
faisait un film, et à ce jour il n’y a aucune nouvelle d’elle.
Je me permets de vous rappeler que c’est grâce à
l’argent du peuple iranien que Jafar PANAHI et les autres cinéastes fidèles au
régime sont devenus célèbres à l’extérieur mais en vérité ils ne sont que des
représentants culturels des Ayatollahs à l’extérieur.
Jafar Panahi est un
homme sans reconnaissance, qui a oublié avoir longtemps joué le jeu du pouvoir,
en donnant à l’Occident une image critique !!! De l’Iran. Comment peut-on
être critique alors même que l’on est produit, autorisé et soutenu par ce même
pouvoir ? Que l’on ne s’y trompe pas l’Iran est bel et bien une dictature,
sachant user de sa propagande à l’intérieur comme à l’extérieur. J’en veux pour
preuve la programmation au très officiel festival de Fajr de Offside, récompensé à Berlin
(toujours sous le patronage de M. AHMADINEJAD !!!)
Il a été certes interdit en Iran, mais il n’a jamais
été question, pour le régime des ayatollahs, de le programmer, ainsi que ceux
des autres cinéastes officiels, à l’intérieur du pays.
La politique cinématographique propagandiste
du régime est une copie fidèle de la politique de Joseph Goebbels, il y a deux
cinémas, l’un à l’usage des iraniens à l’intérieur, et l’autre à l’usage de
l’occidental pour doper les occidentaux à l’extérieur du pays.
A vrai
dire il a beaucoup de dettes envers M. AHMADINEJAD).
M.
Djafar PANAHI, (votre héros !!!) au festival de Salonique, en Grèce, quand
le cinéaste tadjik a comparé le cinéma de la République islamique à celui
de l’époque de Staline, a quitté la réunion du jury en protestant et en
disant que c’était une offense contre les responsables du pays. Les responsables
du pays de Monsieur PANAHI ne sont qu’une poignée de criminels. Djafar PANAHI
n’a pas protesté contre ces criminels, il a protesté contre l’offense qu’on
leur avait faite.
(C’est aujourd’hui que M. PANAHI n’est pas
d’accord avec M. AHMADINEJAD en croyant que le vainqueur de l’élection sera M.
MOUSSAVI).
Aujourd’hui,
la roue a tourné et M. PANAHI après en avoir bien profité, est tombé en
disgrâce. J’entends bien votre indignation pour la liberté d’expression, mais
ne soyez pas dupe, cette personne- là ne mérite pas votre soutien. Vous faites
fausse route.
Évidemment,
je suis comme vous contre l’emprisonnement idéologique des opposants, mais je
ne vois aucun signe d’opposition de la part de M. Djafar PANAHI contre le
régime, il a simplement retourné sa veste. Cela fait bientôt six ans que M.
AHMADINEJAD est président, pendant le premier mandat présidentiel de M.
Ahmadinejad, il l’a considéré comme un bon président et n’avait aucun problème
avec lui !
Rassurez
vous ce régime n’a même pas besoin d’organiser les élections pour ensuite les
frauder, et ce, depuis 32 ans (grâce à la complicité de l’occident et ses
intellectuels) !!!
En vous respectant pour
votre engagement humaniste, je suis déçu et en colère, que la Mairie de
Paris comme d’habitude, sous l’influence de ses conseillers iraniens ou pro
régime iraniens (qui sont les vôtres) s’apprête à suspendre les photos de ces
deux hypocrites sur la façade de l’Hôtel de Ville (ils n’ont rien en commun
avec les journalistes en otage) et à remettre à M. Djafar PANAHI le titre de
citoyen d’honneur de la ville de Paris (pauvres Parisiens!). Vous voulez nous faire croire que nous, les
artistes en exil, avons peut être eu tort de ne pas obéir aux ordres des
Mollahs en restant en Iran, profiter de la générosité des Ayatollahs et devenir
les chouchous de l’occident ! En effet vous avez raison, nous les exilés et
immigrés iraniens (5 à 6 millions) nous sommes stupides de nous évader et
partir à l’extérieur!!! Nous
constatons bien qu’un certain responsable culturel et politique français
ignorent notre existence. Nous pouvons aussi choisir d'ignorer la
vérité. C'est la responsabilité de chacun, et nos choix ont forcément des
conséquences sur notre conscience.
Vous ne
croyez pas à cette hypothèse, alors prouvez- nous que vous êtes toujours le même Costa GAVRAS,
juste et honnête et non naïf, piégé par les courtiers des assassins…
NB : Si un jour vous changez
d’avis, sachez que l’association Art en Exil peut vous présenter plus de 200
films réalisés par des cinéastes en exil dans des conditions souvent très difficiles !
Je vous
remercie de votre attention à la lecture de cette lettre.
Je me tiens à votre entière disposition pour vous
fournir des renseignements complémentaires si vous le souhaitez.
Dans l’espoir d’une rencontre prochaine, je vous
prie de croire, à l’expression de ma profonde considération.
Bien cordialement
Djavad DADSETAN
Directeur Artistique
Association Art en Exil
Lettre ouverte au Parlement
européen
Ne laissez pas les milieux internationaux aux propagandistes
de la République islamique!
Mesdames, Messieurs,
Lors d'un récent discours au Parlement européen,
Monsieur Mohsen Makhmalbaf s’est autoproclamé le représentant du peuple
iranien(Madame Marjan Satrapie réalisatrice du film Persépolis,
qui se prétend apolitique était son interprète et compagnonne).
Tout en défendant l’aile modérée de la République
islamique et en occultant bien volontiers les crimes commis par de hauts
personnages du pouvoir dont certains se présentent aujourd’hui comme des
opposants, Monsieur Makhmalbaf a proposé une analyse toute personnelle du
soulèvement du peuple iranien pour la défense de ses droits écrasés depuis 30
ans régulièrement et systématiquement. Selon lui, la solution à cette crise se
résumerait à l’organisation de nouvelles élections présidentielles.
Prisonniers politiques et artistes contraints à l’exil
à cause de la répression exercée par la République islamique, nous avons
supporté les harcèlements de Monsieur Makhmalbaf. Il nous semble donc essentiel
de vous montrer son vrai visage et celui des « amis » qu'il soutient.
Ceci pour que la vérité ne reste pas cachée aux yeux des peuples
d'Europe.
Dès l’avènement de la République islamique, la mission
de Monsieur Makhmalbaf a été d'organiser
le cinéma islamique en procédant à une mise au ban de plusieurs cinéastes dont
certains avaient été ses compagnons dans les prisons du Chah. Ces faits sont
confirmés par plusieurs documents en notre possession que nous tenons à votre
disposition.
Monsieur Makhmalbaf et le groupe Balal Habachi ont
réprimé durement toute opposition au régime islamique et tout particulièrement
les forces de gauche. Monsieur Malhmalbaf a poussé le zèle jusqu’à dénoncer les
personnes arrêtées à Ladjévardi, bourreau connu de la prison d'Evine et à
conduire en personne les interrogatoires des prisonniers.
Il a, contre leur volonté et sous la menace d’armes,
obligé les prisonniers de la prison d'Adel-Abad
à participer aux films de propagande de la République islamique en les
présentant comme des espions. Ces prisonniers ont saisi des organisations des
Droits de l'Homme mais leur plainte est restée lettre morte à cause de
l'atmosphère de terreur qui régnait sous le pouvoir absolu de Khomeiny.
Dans les prisons de la République islamique, la lecture
des livres de Makhmalbaf et le visionnage de ses films étaient obligatoires.
Tout prisonnier refusant de se soumettre était torturé.
Après plusieurs années de bons et loyaux services,
Monsieur Makhmalbaf incarne à présent le rôle d’opposant. Autant dire que nous
ne sommes pas dupes. Il a toujours refusé de dénoncer les crimes du régime
islamiste, se drapant derrière ses prétendues fonctions culturelles. Son seul
objectif est de manipuler l’opinion internationale pour maintenir le régime
actuel en place en concédant quelques changements. Il prétend représenter le peuple iranien
courageux qui s'est soulevé contre les armes des Bassidjis. Quel cynisme !
Est-il digne du Parlement européen de donner la parole à cet individu pour
qu'il trompe les gens?
A une autre époque, des milliers de personnes se sont
rassemblées pour contester la remise d’un Oscar au cinéaste américain Elia
Kazan, dénonçant ainsi sa collaboration à la chasse aux sorcières de McCarthy.
L. Rifenstall était aussi un cinéaste créatif allemand qui soutenait la pensée
nationale-socialiste. Ces films de propagande n'étaient pas moins
propagandistes que ceux de Makhmalbaf, mais jusqu'à la fin de sa longue vie, le
fait qu'il ait soutenu les fascistes l'a poursuivi.
Monsieur Makhmalbaf joue maintenant les vertueux et
essaie, à travers la tribune du Parlement européen, de se refaire une santé
politique et de sauver une partie du régime criminel en obtenant votre soutien.
Députés respectables du Parlement européen, vous savez
très bien que les élections n'ont aucun sens réel pour la République islamiste.
Depuis 30 ans le peuple iranien est victime d’un simulacre puisque les
candidats aux élections sont toujours choisis par le Valiyé faghih, le guide
suprême. Voilà 30 ans que le peuple vit dans une précarité économique, mentale
et physique et subit une répression incessante exercée par toutes les
composantes du régime islamiste, sans aucune exception.
Pour mémoire, rappelons qu’entre 1981 et 1988, plus de
1 300 prisonniers politiques ont été assassinés alors que Mohsen Moussavi était
Premier ministre. Makhmalbaf, guidé par ses seuls intérêts, cherche maintenant
à soutenir Monsieur Moussavi. Qui se ressemble s’assemble.
Nous souhaitons que la voix du peuple iranien opprimé
par des Makhmalbaf puisse s’exprimer à la tribune du Parlement européen pour
que vous entendiez les véritables témoins et victimes de la répression
actuelle. Vous saurez ainsi comment les jeunes hospitalisés à la suite des
manifestations sont kidnappés en pleine nuit pour être jetés en prison et
torturés.
Nous en appelons à la solidarité internationale des
peuples de l'Europe.
Avec nos salutations,
Centre des cinéastes d'Iran en exil, des ex-prisonniers
de la République islamique, artistes, auteurs et cinéastes en exil, des
activistes politiques et artistiques, et des centres culturels, artistiques et
cinématographiques.
Copies aux médias
Lettre signée par 11 centres culturels/artistiques et
politiques, 46 personnalités politiques, juridiques, cinéastes, metteurs en
scène de théâtre et autres artistes en Europe, aux Etats-Unis et au Canada.
Questions à Djavad Dadsetan Cinéaste iranien réfugié à Paris par L'Est Républicain
http://www.estrepublicain.fr/fr/france/info/4635980-Questions-a-Djavad-Dadsetan
« Moussavi et Karoubi ne représentent pas une vraie opposition. Ils
font partie du système.»
À la lumière des récents événements survenus dans votre pays,
pensez-vous qu'un grand soulèvement populaire soit possible et, peut-être, la
chute du régime de Téhéran ?
Malheureusement, le régime iranien ne va pas céder le pouvoir si
facilement ! Il utilise les arrestations arbitraires, la torture, les
enlèvements. Depuis son avènement, il assassine la jeunesse et tous les vrais
opposants. Évidemment, l'opposition à ce régime est très forte dans la
population, car les gens souffrent, mais les dirigeants sont à la fois très
durs et très malins. Ils ont créé plusieurs cercles pour les soutenir. Il y a
les milices islamistes, les bassidjis, l'armée, des hommes d'affaires corrompus,
des intellectuels vendus (à l’intérieur et à l’extérieur). J'ai beaucoup
d'espoir en la jeunesse et dans les femmes iraniennes mais le régime iranien ne
pourra tomber que s'il est la cible d'intenses pressions internationales.
C'est-à-dire ?
Il faut geler les avoirs à l'étranger des Mollahs et leurs satellites. Ils
sont assis sur une richesse énorme, sur des milliards de dollars amassés grâce
au pétrole. Ils ont volé encore bien plus d'argent que Moubarak ! Il faut
renforcer la pression, les empêcher de se déplacer, bloquer leurs comptes, eux
et leurs complices iranien . Mais, est-ce l'intérêt de l'Occident ? Le régime
iranien ne respecte l'opinion ni à l'intérieur ni à l'extérieur. Ils traquent
les opposants jusqu'à l'étranger. Il y a déjà eu beaucoup de soulèvements
populaires qui n'ont pas abouti, qui ont été étouffés. Souvenez-vous... L'année
dernière, déjà, les manifestations ont été réprimées.
Il y a pourtant une opposition qui s'exprime, à l'intérieur même de
l'Iran. Les conservateurs, au Parlement, sont allés jusqu'à menacer de pendre
Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi... Y a-t-il une alternative possible avec ces
deux opposants ?
Moussavi et Karoubi ne représentent pas une vraie opposition. Ils font
partie du système. Ils sont liés aux familles dirigeantes. Ils ne risquent pas
d'être pendus. En tout cas, cela m'étonnerait pas beaucoup, vous savez, des
Mullahs, pour sauver leurs peaux ils sacrifient leurs propres enfants!
L’occident a l'air de soutenir Moussavi mais cet homme ne représente que la continuité
du régime. Les vrais opposants sont pourchassés et assassinés. Malgré tout, il
faut continuer à dénoncer ce régime et ses crimes, sans relâche, chacun à son
niveau. Mais, je le répète, je crois qu'il ne tombera pas sans une décision de
l'ensemble de la communauté internationale.
Propos recueillis par Ludovic BASSAND
Publié le 17/02/2011
Quelques remarques sur le film de Monsieur Kiarostami (Copie…)!
Chère Madame, cher Monsieur,
Je me permets de
préciser quelques remarques sur le film de Monsieur Kiarostami (Copie…), il a été certes interdit en Iran, mais il n’a
jamais été question, pour le régime des ayatollahs, de le programmer, ainsi que
ceux des autres cinéastes officiels, à l’intérieur du pays.
Sachant le nombre de cinéastes iraniens privés du soutien
logistique nécessaire de l’État dont les cinéastes officiels bénéficient sans
peine pour réaliser leurs films et ensuite faciliter leurs distributions en
occident, montre bien à quel point ce Monsieur respecte le cadre défini par la
politique cinématographique des ayatollahs. Je me demande, comment se fait-il
qu’un certain responsable
culturel et politique français et les intellectuels iraniens, ne savent
toujours pas faire la différence entre la résistance française et les
Nazis ! Par exemple la différence entre Youssef Chahine, qui toute sa vie
s’est battu contre la censure en Égypte, et Makhmalbaf, Kiarostami et bien
d’autres cinéastes qui sont devenus célèbres à l’extérieur à tort et grâce à la
politique et l’argent du pétrole. Nous constatons bien qu’un certain responsable culturel et
politique français ignorent notre existence. Nous pouvons aussi choisir
d'ignorer la vérité. C'est la responsabilité de chacun, et nos choix ont
forcément des conséquences sur notre conscience.
Chère Madame, cher Monsieur,
pour savoir le rôle de ce Monsieur et les autres cinéastes officiels,
profiteurs de l’aide de régime médiéval des ayatollahs, sans oublier la lettre
de Monsieur Kiarostami au président Ahmadinejad, qui lui donne un côté très
humain ; imaginez que vous invitez deux cinéastes pour prendre un café
dans votre maison, et tout à coup des voyous arrivent, saccagent votre maison,
font du mal à votre famille… Qu’attendez-vous des cinéastes ?
L’un tourne un film sur
les crimes, puis fuit de la maison en criant « Au secours, des voyous
massacrent cette famille ! », et le deuxième sort tranquillement,
avec la permission et l’argent (en réalité votre argent !!), des voyous,
et dit : « Tout va bien, il n’y a qu’une bagarre entre les membres de
cette famille ».
Je vous laisse deviner
qui joue Kiarostami, et qui joue un cinéaste en exil dans cette histoire. A
votre avis, le quel d’entre eux dois-je soutenir ?
Je vous rappelle
qu’aucun film ou produit culturel n’est jamais sorti d’Iran, sans contrôle de
fidélité de l’auteur envers les Mollahs et l’autorisation préalable du
régime !
Question :
Que se passerait-il
si : les vautours, sanguinaires et les chauves-souris ne portaient pas le
masque : d’artiste, d’écrivain, de poète, de journaliste, de scientifique,
de politicien etc. Pour acquérir de
l’argent et de la notoriété en aidant les dictateurs criminels à justifier
leurs actes barbares.
Djavad DADSETAN
Directeur Artistique
Association Art en Exil
« Kiarostami,
Un nom et rien d’autre »
La lettre ouverte de Fariborz
Alimohammadi, - F. shabâneh, écrivain et poète iranien résidant à Paris,- à
Madame Juliette Binoche
Chère
Madame Binoche,
Je
vous salue.
Je
« te » salue en mémoire d’un grand homme que j’aime pour son
humanisme, pour son art d’être humain : Kieślowski le Grand, s’il est
mort !
Je
vous tutoie, si vous me le permettez ?
Je
veux te parler d’un homme, « un homme que j’aime moins que toi » car
tu es mon actrice favorite de ces dernières années et que je ne te connais pas
aussi bien que je le connais. Je veux te parler de quelqu’un que je ne connais
plus !!! Ce n’est pas à cause de la monture noire que tu n’as pas dessinée
autour de ses yeux que je ne le reconnais plus, mais c’est pour ce voile noir
dont il a tissé au plus profond de lui les fils des chaînes et des trames, de
manière conventionnelle, contrairement à ses films.
Il y a
le réalisateur Abbas Kiarostami, mon compatriote ! Et votre cher ami à
vous, vous, les cinéastes français ! Abbas Kiarostami, celui qui me
fascinait tant lorsque j'étais enfant pour : Devoirs du soir,
Le Pain et la Rue qui donnait des leçons d’amitié Et Plus tard pour Où est la maison
de mon ami ? et Au travers des oliviers.
Mais
en grandissant,- j’aurais préféré rester un enfant, - j’ai été capable d’en
voir bien d’autres car je ne pouvais pas fermer mes yeux ! « La
Palme d’or, Le Lion d’or, le désir, la célébrité, l’argent, et derrière tout
ça, un grand oubli, la trahison !
Adulte, je crois que mon ami d’enfance a
tout sacrifié pour tout cela. Tant de pureté et de simplicité que depuis le
début ne l’étaient peut-être pas tant que ça. Il y a 40 ans qu’Abbas a fermé sa
« bouche fermée » et s’est occupé de ses affaires. Il ne parle pas de
son peuple, ni de la faim et de la pauvreté, ni de l’illettrisme et de
l’oppression que subissent des millions de femmes et d’hommes en Iran. Il ne
parle ni des enfants qui pour avoir « le pain de la rue d’Abbas »,
attendent dans les couloirs de la mort ni des mères qui se prostituent.
Pourquoi? Parce qu’il n’aime pas parler de politique, mais de l’amour et de
l’humanité. Ces réalités ne concernent-elles pas l’humanité ?
Toutefois, il
a bien enseigné à ses disciples (Djafar Panahi, …) de faire des images de ses
non-dits de sorte que seuls les Parisiens les apprécient.
Abbas joua
très bien son rôle dans le monde du cinéma et
y grava son nom. Cependant, il n’a jamais été un cinéaste iranien. Il y
a le cinéaste Kiarostami, c’est tout et rien d’autre ! Il n’est un
combattant ni un opposant. Peut-être qu’il n’aime pas l’être. Mais jamais, en
dépit d’une notoriété internationale, il n’a bénéficié, voire dix secondes, de
cette grande tribune du cinéma mondial pour tenter d’attirer l’attention du
monde entier sur sa patrie et de réveiller l’opinion publique mondiale
insouciante, naïve ou endormie face aux souffrances et aux douleurs de ses
compatriotes. En revanche, il est devenu
un pantin entre les mains des hommes politiques, une sorte d’homme à tout faire
pour résoudre leurs problèmes.
Par chance et
grâce à un peu de calcul, il a réussi à obtenir ce qu’il voulait. Pourtant,
tout cela ne vaut rien. Il y a peu de temps, lors du festival de Venise, après
la projection de son dernier film baptisé Shirin dans lequel tu tiens le premier rôle, il a répondu de ta
part, d’une ruse rhétorique: « Moi (Binoche), j’éprouve de la compassion
pour les femmes iraniennes qui sont obligées de porter le voile et c’est pour
cette raison que je l’ai porté dans le film ». Il a omis de répondre lui-même à
une question concernant la situation politique en Iran. Je ne sais pas pourquoi
en réponse à cette question il n’a rien dit de ta part. Je te remercie. Mais
tout le monde sait qu’il n’a pas le courage de faire pareille chose en Iran.
Qu’est-ce qu’il a fait afin de manifester
ses compassions envers les femmes iraniennes ? Sinon la réalisation du film Ten qui était un affront à toutes les femmes
iraniennes dont seules les prostituées savent bien à quoi s’en tenir et parlent
de philosophie de vie. Je suis certain qu’il interprète son œuvre autrement et
de la même façon qu’il a interprété Sohrab, Forough et Khayam.
Je l’ai même entendu dire qu’il t’avait
surprise avec le synopsis de Copie conforme (à l’original) et
que tu as enfin appris que le scénario du film n’est pas basé sur une histoire
vraie, comme prétendu. Demande-lui de te raconter l’histoire de « Ce
menteur de berger ! » et de te parler de Sohrab Shahid
Saless, de sa grande absence, et de sa présence remarquable au sein du cinéma
mondial, s’il en a le temps.
Notre ami me fait penser à l’un des
personnages du Petit prince qui aimait être loué. Désormais, il écrit des
poèmes, fait une relecture d’Hafez et s'essaye à la mise en scène d’opéra. Il
fait une chambre noire d’un marécage des grenouilles et fait bien d’autres
choses que les autres ignorent …
Il est devenu un illustre personnage. Et
c’est plutôt difficile d’entrer en contact avec ce genre de personnes. Donc,
dis-lui de ma part : « ça suffit, soit tu te tais, soit tu brises le
silence » !
A la mémoire de Bleu de Kieślowski
Fariborz Alimohammadi, Paris, le 18
septembre 2008
Les contrefaçons du régime [de la République
islamique]
dans le cinéma et l’art
clandestin
Par Moslem Mansouri, Cinéaste Iranien en exil
mai 2009
Suite à la fondation du cinéma clandestin en Iran, la
littérature et la musique clandestines se sont formées aussi. La musique
clandestine s’est montrée avec des chansons de protestation et sociales.
Ensuite le régime, pour les confronter, a développé des chansons minables au
nom de la musique clandestine.
Depuis longtemps, le régime essaie de faire la même
chose pour salir le cinéma clandestin. Il essaie de créer une confusion entre
l’art clandestin et l’art officiel. L’année dernière, les organisateurs du
régime ont annoncé bruyamment que le plus grand concert
« clandestin » sera mis en place à Dubaï, et que les artistes feront
leur concert avec l’autorisation de l’État et retourneront en Iran.
Le régime veut pousser la société à penser que la
musique clandestine est une forme de musique comme le pop ou le rap. Pourtant,
la différence et la frontière entre les deux sont la même que celle les partis
et les groupes politiques qui ont des activités sous la protection et dans le
cadre de la loi du régime d’un côté, et de l’autre, les courants qui luttent
pour briser la même loi. Comme par hasard, les deux groupes protestent. Les
protestations des premiers n’est pas contre le régime et sa loi, mais pour les
réformer, pour que le régime reste en place. Mais les seconds luttent contre
l’exploitation des masses laborieuses du régime et de sa loi. On peut donc voir
que même dans l’art officiel on proteste, mais c’est une protestation
autorisée. Y compris de temps en temps, le régime proteste contre lui-même. Ces
protestations sont faites pour que l’on fasse une confusion entre l’art
clandestin et celui officiel.
Dans ce sens, le Ministère de l’Intérieur a réalisé
par un de ses laquais, un film qui s’appelle « Personne ne sait rien des
sanglots d’Iran ». On dit que c’est un film sur la musique
« clandestine » en Iran. Les médias du cinéma de la République
islamique disent que ce film a été réalisé d’une « manière
clandestine » ! D’un côté, vous avez la musique
« clandestine » qui est réalisée avec le passeport et autorisation du
régime à Dubaï, et de l’autre côté, vous avez un film « clandestin »
dont les médias de la République islamique font la publicité.
C’est intéressant de voir que les Ministères de la
Culture et de l’Intérieur produisent des soi-disant films
« clandestins », et ne même temps ils deviennent eux-mêmes les
critiques et font beaucoup de bruits autour de leur censure pour cacher leur
vrai but.
Un des sites du régime « le Conseil islamique des
artistes » écrit : « Ces derniers temps, loin derrière le dos
des directeurs culturels, certains centres artistiques et littéraires sont
poussés, pas de façon linéaire mais en bondissant, vers la clandestinité. On
peut donner des exemples dans le cinéma clandestin, la musique clandestine, la
littérature clandestine, etc. Aussi, dans le monde du livre et de la
littérature, avec l’exposition internationale du livre à Téhéran, ceci s’est
développé de plus en plus. »
C’est clair que la République islamique ne peut pas
faire abstraction du cinéma et de l’art clandestins. Donc, comme il ne peut pas
les empêcher, il essaie de les salir. Lui aussi, comme les autres régimes de
répression sociale, il a différents moyens de sortir les mouvements sociaux de
leur voie et de les détruire de l’intérieur. Dans ce cadre, les médias
persanophones de l’intérieur comme de l’extérieur, jouent le rôle de bourbiers
culturel du régime. Ils injectent à la société des ordures culturelles,
politiques et propagandistes du régime sous différentes couvertures. Les médias
persanophones dans les pays occidentaux jouent le même rôle. Les directeurs de
ces médias sont d’accord sur cette question avec le régime, que la voix des
affamés ne doit pas être entendue, que leurs points de vues ne doivent pas être
vues et que leurs revendications ne doivent pas être réalisées.
Quant aux pays occidentaux, même si ils ont des
oppositions avec le régime, ils ont un point commun avec celui-ci : la
peur du développement d’un mouvement appartenant aux opprimés et aux exploités
de la société. Leur protestation ressemble à celle d’une partie du régime
contre une autre ; le même genre que l’art non clandestin fait contre le
régime. Pourquoi ? Parce qu’une brèche ouverte dans le système
d’exploitation par un mouvement populaire,
aura comme premiers perdants justement les pays occidentaux.
Pour cette raison, les films qui sont faits sous le
régime islamique ou dans d’autres pays et qui parlent des questions sociales,
de la pauvreté etc., sont, pour la
plupart, contre la population pauvre. Quand quelqu’un fait le choix de parler
de la misère, s’il ne fait pas le lien entre celle-ci et son origine –
c’est-à-dire le système d’exploitation –, s’il ne fait pas le lien entre
celle-ci et le mouvement de protestation sociale comme une solution principale,
et si au contraire il fait le lien entre celle-ci et des relations affectives,
morales et de chance, ce sera une trahison des masses exploitées. Car les
régimes s’efforcent d’éloigner la
société de l’origine de la pauvreté, et de montrer à la société des solutions
bidons pour que leur système d’exploitation reste en place. C’est pour cela
qu’il font tellement de tintamarre et donnent tout ce qu’ils ont comme Oscar à
des films répugnants comme ….pour que les habitants des bidonvilles pensent que
leur situation changerait à travers un jeu et non pas par une révolution.
Si jusque hier, les États essayaient de gagner les
artistes, aujourd’hui ils ont gagné l’art, ils ont gagné le cinéma et la
musique. Si un artiste veut que son œuvre soit vue et qu’il gagne sa vie et la
notoriété, il doit travailler avec eux et dans leur cadre. Aujourd’hui ces
cinéastes et ces artistes sont les employés de ces compagnies, ils produisent
sur la base de ce qu’eux veulent. L’art clandestin, le vrai, montre qu’il est
sur la bonne voie, il sait ce qu’il faut
faire.
C’est la tâche des artistes, des êtres humains, qui se
battent contre le système de vol et d’exploitation et qui préfèrent la
pauvreté, la solitude et l’anonymat à la richesse donnée par le régime
d’exploitation. Il faut consciemment dénoncer les ruses des régimes dans les
domaines social et artistique.
Les vendeurs d’art au service du régime de la République
islamique
La République islamique, comme d’autres, a toujours eu
besoin de ceux qui, en apparence, sont à l’extérieur du gouvernement et qui
jouent le rôle de critiques.
Ces gens-là rentrent en scène pour développer les buts
du gouvernement dans la société. Au moment des élections, on voit que certains
cinéastes et écrivains, des experts et des courants fabriqués par le régime,
commencent à bouger sous le nom d’activistes sociaux, défenseurs des droits des
femmes, etc. C’est pour mettre en pratique ce que veut Khaménéi que « le
peuple rentre en scène » et participe massivement aux élections.
C’est évident que le spectacle des élections est
important pour les criminels qui sont au pouvoir en Iran. Ils veulent, avec
cette tromperie, éloigner la société de toute réflexion qui irait dans le sens
du renversement du régime.
Dans ce genre de groupes, on peut voir des cinéastes,
journalistes et courants fabriqués par le gouvernement, qui sortent des
déclarations pour soutenir tel ou tel candidat poussant la société dans la
direction du régime.
Le genre Mohsen Makhmalbaf qui vit à l’extérieur du
pays et qui a soi-disant émigré ; ils font peur à la population en lui
disant que s’il ne vote pas pour celui-ci, c’est celui-là qui sera élu. Quelle
est la différence entre untel et untel pour la société ? Quelle différence
il y a eu pendant trente ans ? Ce n’est pas les élections qui changent
quoi que ce soit. C’est un gouvernement
qui change ses pions sur la base de ses intérêts internes et internationaux.
C’est là où on voit le rôle de ceux qui poussent la
société vers les intérêts du régime et qui la trompe. Ces courants ont donné
des coups terribles contre les mouvements des femmes, des étudiants et des
ouvriers.
Le régime ne peut pas arrêter les mouvements sociaux
seulement par la répression. Le rôle de ces courants est aussi de chercher à
montrer un visage plus doux de ce régime, un régime qui ne donne aucune
possibilité de protestation et dont dans sa prison on tue toujours des
étudiants.
Un régime qui met sur scène comme artistes
« clandestins » des gens qui étaient des mercenaires de différents
ministères, pour salir les vrais clandestins. L’un annonce qu’il veut émigrer
du pays sans demander l’asile pour pouvoir aller en Iran et revenir. Ces
gens-là sont les vis et écrous de la machine de crimes inhumaine de ce système
social qui, tôt ou tard, sera écrasé par la masse des affamés.
Lila Ghobadi, mai 2009
Le cinéma clandestin a différentes définitions dans
différents pays. Par esemple, aujourd’hui aux Etats-Unis, il y a un festival de
cinéma clandestin qui veut dire un cinéma séparé des critères des
studios ; une sorte de cinéma indépendant. Mais dans les pays
dictatoriaux, sous le pouvoir des gouvernements idéologiques, cela a une
différente signification : le cinéma de protestation, de dénonciation, un
cinéma séparé des critères de censure gouvernementale. Pour nous, le cinéma
clandestin en Iran a cette dernière signification.
Depuis 2004, avec la fondation du cinéma clandestin
par Moslem Mansouri, les efforts d’un groupe de cinéastes et d’activistes
sociaux est d’aider les cinéastes et les étudiants en cinéma qui font des films
clandestins en Iran pour sortir ces films (montés ou non) afin de les montrer
dans différents endroits – universités, centres culturels et autres. Ceci dans
le but de montrer l’image réelle de la société policière et de la censure.
Depuis que Moslem Mansouri a pu réaliser des films
clandestins, la réalisation de ce genre de films a continué par d’autres
personnes, et certains ont pu être présentés à l’extérieur du pays. Malgré
cela, il faut dire que le cinéma clandestin fait face à deux problèmes. Le
premier étant la question de la sécurité. C’est dangereux de faire ce travail
en Iran. Par exemple, Mona Mollakhani a été arrêtée en 2005 à Téhéran pendant
qu’elle faisait un film, et à ce jour il n’y a aucune nouvelle d’elle. Le
deuxième problème est question financière. Personne ne veut produire un film
clandestin. Malgré tout cela, des étudiants en cinéma continuent à faire des
films clandestins.
C’est pour cela que le régime essaie de salir l’image
du cinéma clandestin et d’empêcher son développement en faisant entrer sur
scène ses mercenaires en tant qu’artistes clandestins.
Nous, en soutenant le cinéma clandestin en Iran,
voulons que ce cinéma ne reste pas isolé. Nous voulons aider ce cinéma pour
qu’il puisse continuer à montrer les revendications des exploités et des
opprimés qui se battent pour une vie humaine et la liberté.
Barbod Taheri
De Youssef Chahine aux réalisateurs du cinéma de
la République islamique
Youssef Chahine, un des éminents réalisateurs
du cinéma égyptien a fait ses adieux à la
caméra. On pourrait identifier le
cinéma égyptien à un cinéma superficiel avec des histoires populaires,
avec musique et chansons. C’est Youssef Chahine qui, avec son
travail différent, a valorisé le cinéma égyptien. Bien sûr, différents
festivals se sont intéressés à son travail. Ses films « Alexandrie »
et « L’histoire égyptienne » ont
été remarqués au festival de Berlin, et le festival de Cannes l’a
honoré, etc… mais est-ce seulement la valeur de son travail artistique qui
compte ? Sa réussite a-t-elle eu un quelconque rapport avec un arrangement
politique ? Non ; il critiquait le gouvernement égyptien ; ses positions et la qualité de son travail ont fait barrière toute possibilité
d’abus de son art.
Je ne sais pas pourquoi, pendant que je visitais les différents sites sur les informations
concernant la mort de Youssef Chahine, la situation du
cinéma de la République islamique m’est venue à l’esprit. Cette comparaison
n’est pas vraiment sans rapport. Youssef Chahine était un égyptien,
issu d’un pays musulman où la réaction islamique est une réalité. Youssef
Chahine était un réalisateur qui avait comme moyen d’expression sa
caméra. Il se battait, avec ce moyen, contre le régime réactionnaire et la
religion.
Mais son combat ne
se limitait à des films : Tout au long des rencontres entre réalisateurs
ou autres intellectuels internationaux, et au cours de ses interviews, sa voix
se transformait en voix de protestation du peuple. Dans n’importe quelle
situation, il critiquait clairement les politiques destructrices de son pays,
la corruption administrative et les superstitions religieuses. Il ne
s’accommodait pas avec le pouvoir – ni pendant le gouvernement de Nasser,
ni celui d’Anouar el Sadate, ou de Hosni
Moubarak ; Il a toujours été critique envers le gouvernement et du côté du peuple.
Je ne connais pas précisément la manière de censure du
cinéma égyptien et le poids de la religion dans l’Etat, mais je connais très
bien la situation de la répression en Iran.
Je sais que chaque mouvement des réalisateurs en Iran est
sous le contrôle de la sécurité.
Je sais que les mollahs ont censuré un film parce que
la caméra avait un regard impudique sur une femme enceinte.
Je sais que dans la République islamique, si un
réalisateur indépendant comme Youssef Chahine, veut faire un
film, il n’aura même pas l’autorisation de le faire, et que même si un film un
peu politique/social se fait, c’est dans le cadre de ce que le régime autorise
et c’est pour montrer une image différente de ce régime en dehors du pays.
Pensez-vous que
c’est le gouvernement égyptien qui a créé les horreurs des années 80 et 87 et a
exécuté des dizaines de milliers de personnes après des procès qui n’ont duré
qu’une minute ?
Pensez-vous que c’est le gouvernement égyptien qui a
assassiné ses opposants en dehors de ses frontières, et a donné comme mission à
ses réalisateurs internationaux de couvrir ses
crimes ? Est-ce qu’en Egypte les femmes et les filles
sont tous les jours fouettées, humiliées, insultées parce qu’elles n’ont pas
respecté le hidjeb ? Est-ce en Egypte que les réactionnaires musulmans,
sous l’influence de gouvernement, donnent l’ordre de lapidation ? Et
est-ce…
Même si le régime égyptien est précisément comme celui de
la République islamique, et je suis sûr que ce n’est pas le cas, alors
pourquoi pendant toutes ces années, les réalisateurs qui sont restés en Iran,
n’ont pas dit un mot sur les crimes de la République islamique dans les milieux
du cinéma ? Au contraire, ils ont affirmé les comportements réactionnaires
du gouvernement, ont accepté la censure et ont décrit que tout allait bien.
Pourquoi les
reporters des radios Farda [radio d’informations en persan] et BBC [radio
d’informations en persan] qui font aujourd’hui des discours sur l’attitude
courageuse de Youssef Chahine et sa résistance, n’ont-ils pas critiqué la
capitulation et l’opportunisme des réalisateurs de la République
islamique ?
Youssef Chahine, en recevant son prix au festival de Cannes, a critiqué
le gouvernement égyptien. Kiarostami,
quand à lui, a remercié la République
islamique pour lui avoir donné, à travers Dr. Ali Akbar Velayati (1),
les moyens de montrer à Cannes son film « Le goût de cerise » ;
ce qui a donné la possibilité de dissimuler les conséquences des crimes du
régime à Mykonos (2). Vous connaissez les déclarations de Kiarostami sur l’éloge de
la censure, lisez aussi celles de Youssef Chahine.
Chaque jour, il y a ceux qui me
disent tais-toi ! Tu n’as pas le droit de parler, tu n’as pas le droit de
discuter, tu n’as pas le droit*… Les réalisateurs du peuple avancent dans les profondeurs
de la société et montrent les douleurs et les souffrances du peuple. Leur nom
restera à jamais dans l’histoire. Mais la date limite de consommation des réalisateurs
gouvernementaux pourrait même se terminer avant la chute des Etats
dictatoriaux. Youssef Chahine, réalisateur courageux, créateur et avant-garde
égyptien, et parmi les meilleurs du monde arabe, restera toujours dans
l’histoire du cinéma.
Pour finir cette courte note, je citerai un extrait
de son interview avec le journal Herald Tribune : « Tous mes projets sont dangereux. Je me bats comme un fou. 80% de mon temps se passe dans la
politique et 20% dans la réalisation de films. »
Un dernier mot : cette année, le festival de Venise
va rendre hommage à Youssef Chahine. Dans le
même festival on montrera aussi Chirine le film de Kiarostami qui avait été
refusé à Cannes en 2008. Ils honoreront donc un réalisateur qui s’est battu
contre le fanatisme et la réaction et un autre qui est de tout cœur avec Ahmadinéjad (regardez
sa lettre de déclaration d’amour à président iranien Mahmoud Ahmadinejad
sur : http://www.artenexil.net/A3.htm), symbole d'un régime obscurantiste,
réactionnaire et fanatique. Ce festival devrait peut être programmer le
film Taazieh (3) de son excellence Kiarostami (4) pour mieux montrer
l’attitude opportuniste des directeurs des festivals et ce de Kiarostami.
* Extraits des déclarations de Youssef
Chahine : Sites internet de la radio BBC et de la radio Farda
(en persan)
Bassir Nassibi 05 08 2008 Saarbrücken,
Allemagne
Traduit de persan par Association Art en exil
(1)[ministre des Affaires étrangères de l'Iran de
près de 16 ans (Décembre
15, 1981 - Août 20,
1997)
].
(2) Procès du Mykonos : En septembre 1992,
quatre opposants au régime des Mullahs : Sadegh Sharaf-kandi,
secrétaire général du Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran, et trois de ses
collaborateurs Fattah Abdoli, Homayoun Ardalan et Nouri Dehkordi. ont
été assassinés sur ordre des services secrets iraniens dans un restaurant grec
de Berlin, le Mykonos. La cour de Justice de Berlin a reconnu les
responsabilités de régime de la république islamique et l’ambassadeur du régime
des mollahs en Allemagne en tant que commanditaires de l’assassinat. Procès du
Mykonos a durement touché le régime et entaché l’image de la république
islamique.
(3)Taazieh (le théâtre populaire traditionnel illustrant les
chiites compte de l'assassinat des principaux Hossein, le petit fils de
Mahomet, par Yazid, qui est réalisée chaque année à la date anniversaire
de l'événement et présenté par le régime des mullahs comme le théâtre
iranien !!)....
(4) Kiarostami comme tous les
autres cinéastes et artistes iraniens du régime des Mullahs, tels Djafar PANAHI, Abolfazl DJALILI,
MAKHMALBAF, Niki KARIMI, kambouzia
PARTOVI, Bahman GHOBADI,Tahmineh
MILANI, Rakhshan BANI ETEMAD, Marzieh Meshkini, Manijeh Hekmat, Madjid MADJIDI, Daryoush
MEHRJUI, Rafi PITZ, Mohammad HAGHIGHAT… Et les
chanteurs comme: Shahram Nazeri, Parissa, SHAJARIAN …
appréciés par de nombreux responsables culturels de l'occident, avait connu la
célébrité à l’étranger, grâce à de fortes sommes d’argent dépensé pour la
propagande de la république islamique à l’extérieur.
N.B: Des
milliers d’artistes, poètes, écrivains, dont des centaines de cinéastes,
iraniens ont quitté le pays et des milliers d’autres restés en Iran sont privés
des facilitées qui sont réservées, aux quelques artistes, poètes, écrivains et
cinéastes officiels. Ce qui est vraiment étonnant et triste, c’est comment les
intellectuels européens, les journalistes, les cinéastes, les femmes et hommes
politiques, les responsables culturels qui continuent à soutenir les
producteurs et les distributeurs de films des Mollahs, ne font aucune
différence entre bien et mal, même si aujourd'hui la source du mal est
parfaitement connue...
Pour sa 10ème
édition, le Festival international du Cinéma iranien en Exil
(du 8 au 11 mars 2012)
Cherche des films portant un
message sur les questions suivantes:
-
la
DISCRIMINATION sous toutes ses formes (sexe, âge, apparence physique, handicap,
race, religion, orientation sexuelle…),
-
les
FEMMES,
-
la
CENSURE,
-
le
COLONIALISME,
-
les
VIOLENCES,
-
l’IMMIGRATION,
- l’EXIL …
Le Festival est ouvert aux
cinéastes de tout horizon et de
toute nationalité confondus.
Infos
et inscription:
Tél: 01 45 42 20 16 - 06
09 12 68 07
E-mail : artenexil@free.fr
Formats acceptés : tous
Non compétitif
Les cinéastes sont défrayés dans la mesure
du possible.
Limite d’envoi des cassette /DVD : 22 décembre 2011
Infos et inscription:
Mr. DADSETAN - Djavad
Boite 19
Hall M
156, Rue RAYMOND LOSSERAND
75014 Paris/ France
Tél: 01 45
42 20 16 - 06 09 12 68 07
E-mail :
djavad@free.fr
E-mail : artenexil@free.fr
Bilan
du 9ème festival international de cinéma iranien en exil
bénévoles et
Grâce à vous, ce
festival était un grand succès pour une année de plus...
Vous étiez des centaines
à participer à la 9ème édition du festival international du cinéma iranien en
exil et nous vous remercions
chaleureusement. Et c'est cela
qui fait la force et
l'originalité de ce Festival
et bien sûr nous vous remercions
de l'intérêt que vous portez à nos actions
En effet, grâce à votre
générosité, grâce à votre présence,
grâce au talent et au charisme des artistes que le 9ème festival
international du cinéma iranien en exil s’est déroulé avec succès, Encore un
grand merci à vous et à tous
ceux et celles qui ont participer à cette édition qui s’est
déroulé avec succès, sous la direction de Djavad Dadsetan, à Paris du 31
mars au 3 avril 2011 au cinéma La Clef
dans le 5ème arrondissement.
Cette année, le festival
était dédié aux femmes et aux combattants de la liberté
Le but du festival est
non seulement de présenter le cinéma iranien et d’autres arts en exil, mais
aussi de marquer un trait-d’union entre
cinéastes de différentes nationalités et de différentes cultures. Un aspect très
intéressant du festival était la présence significative des films réalisés par
des jeunes cinéastes et des cinéastes femmes de différentes nationalités. Tous
les débats, les films en persan et les questions/réponses avec des metteurs en
scène ont été traduits en français et en simultanée.
Nous avons pu voir
plusieurs films réalisés dans différents pays par des cinéastes iraniens en
exil, mais aussi des films de cinéastes d’autres nationalités sur tous
les aspects de la vie d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de sans-papiers, discrimination,
de biographies des combattants pour la liberté, violence faites aux femmes,
etc.
Nous avons assisté à des
présentations/débats sur des films dont certains cinéastes étaient
présents et écouté également de la musique Amérique latin à l’ouverture et
la musique iranienne à la clôture de festival;
En résumé, nous avons
assisté à un moment fort de rencontres, de dialogues, de convivialité en même
temps que de présentations de films, qui nous ont permis de vivre un long
week-end aussi bien utile qu’agréable.
Ce 9ème festival, qui a connu de meilleurs conditions que celui
de l’année dernière, a bénéficié d’un immense succès aussi bien de par la
qualité et la variété des films proposés que par la richesse des débats, des rencontres
entre le public et les artistes venus présenter leurs oeuvres, de France mais
aussi de l’étranger.
Au programme : 70 films
des cinéastes de différentes nationalités et de différentes cultures inédits,
fictions et documentaires, long et courts
tournés-en Europe, Amérique latin, Canada, aux Etats-Unis ou en Iran et
des films de sur tous les aspects de la vie d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de
sans-papiers, sans domicile fixes, discriminations, violences faite aux femmes,
environnement, etc.
Ces films touchent aux problèmes
quotidiens que vivent les jeunes générations dans les pays d’accueil, notamment
de jeunes filles en butte avec les fortes traditions religieuses et culturelles
de leurs parents ;
Ils témoignent directement de la
souffrance vécue par des femmes et des hommes confrontés à l’indifférence, la
peur, l’impuissance devant leurs révoltes et leurs revendications.
Ce festival a
attiré de nombreux jeunes avides de connaître, analyser, discuter des
différentes difficultés de créations mais aussi de découvrir une réalité
iranienne peu connue du pays d’origine et de l’exil vécu par leurs parents.
Le bilan s’est
avéré positif, puisqu’il a attiré
près de 1200
personnes, qui en ont tiré une grande satisfaction et ont formulé
leur souhait de renouveler l’expérience les années suivantes.
L’association Art
en exil
a le plaisir de vous annoncer le programme de la
9e édition du Festival international du
cinéma iranien en exil
Réalisateurs et acteurs toutes nationalités
confondues
Contre le fascisme
Dédié aux combattants de la liberté
70 FILMS Courts Longs
Inédits Fiction Documentaire, 15 DÉBATS info, Table
ronde, Exposition, Films primés Festiv’art Limoges,
Espagne, France, USA, Canada, Pays-Bas, Allemagne, Équateur, Venezuela, Chili, Finlande et
Belgique
31mars -3 AVRIL 2011
Au
cinéma La Clef (centre culturel)
21 rue de la
clef, 75005 Paris M° Censier Daubenton (ligne 7)
Un Festival ouvert
à des cineastes indépendants De toutes nationalités
Association Art En Exil est la voix d’une culture
humaniste, pluraliste et citoyenne, détachée de toute appartenance politique.
Ÿ Fidèle à ses éditions
précédentes, le 9ème Festival
International du Cinéma iranien en
exil, sous la direction artistique de Djavad DADSETAN,
revient sur les devants de la scène, avec l’envie
toujours intacte de faire découvrir au public le travail exceptionnel et
souvent confidentiel de cinéastes indépendants immigrés, qui travaillent
pour la plupart dans la plus grande difficulté.
Des
regards croisés sur le monde loin des circuits officiels,
des regards singuliers d’une grande acuité et d’une grande liberté.
Notre
programmation s’ouvre à nouveau à des
cinéastes de toutes nationalités confondues :
le cinéma Iranien en exil est
toujours largement présent - à travers une dizaine de films -, mais certains
nous viennent d’Espagne notamment, d’Allemagne, du Brésil, du Canada ... Ou
nous transporte parmi les Sans Terre du Brésil, au côté du peuple afghan ou
africain...
Courts, longs, Fictions ou Documentaires, ces 67 films
témoignent à leur manière des
douleurs de l'exil, des agissements des
régimes totalitaires, traitent de critiques sociales et politiques, d’actualités
sous différents angles :
littéraires, poétiques, symboliques ou historiques. Mais en filigrane aussi de
la capacité de l’homme à refuser de s’incliner, de son combat, de sa recherche
à travers la solidarité ou l’art parfois d’une émancipation, des portraits
sensibles d’hommes et de femmes en lutte...
Du
31 mars au 3 Avril 2011, 4 jours qui se déclinent en plusieurs
volets :
- des films de cinéastes indépendants inédits
- des invités et 15 rencontres-débats
- une sélection de Films Primés :
Au Festival Festiv'Art de Limoges avec lequel nous
avons un jumelage et dont nous présentons les Films primés en 2010 (Prix du Jury, Prix public, Prix de la Jeunesse…)
- des documentaires et images d’archives sur la Résistance française
- Hommage à Moslem Mansouri,
fondateur du cinéma souterrain en Iran. Rétrospective de
ses films en sa présence. Invité (USA)
Un
9ème Festival riche de ses
identités multiples et de... son indépendance.
Le festival accueillera
l’exposition collective, l'exposition à laquelle participeront peintures
et photos de Sylvie Forestier et Patrick Navaï
L’association Art
en exil
a le plaisir de vous annoncer le programme de la
9e
édition du Festival
international du cinéma iranien en exil
Réalisateurs et acteurs toutes nationalités
confondues
Dédié aux combattants de la liberté
31mars • 03 AVRIL 2011
Au cinéma La Clef (centre culturel)
21 rue de la clef, 75005 Paris M° Censier Daubenton (ligne 7)
Jeudi 31 mars
14h00
- Molex, les gens
debout, documentaire,
France,
- Oléoduc d’Amazonie.
Pollution, Corruption et Pauvreté de Juan Pablo Barragán et Ivonne Ramos documentaire,
16h30
- Maria et
le Nouveau Monde (Maria y el nuevo mundo), de George Walker Torres, documentaire,
-Hors- jeu, de Víctor
Arregui, fiction,
19h00
- Les
Chaînes invisibles
d’Isabelle Guiard et Lydia Rozenberg, documentaire,
20h30 Cérémonie d’ouverture : Projection de courts métrages : La fosse commune de Khavaran en Iran (Iran),Victor Hugo (France), Taslima Nasrin (France), Air TAXI de Kazem Shahryari (France), deux films de Faryde LARA et Guy GORE: Cinq doigts et Marine et Marine (France), Résistance française, 3 films sur les sans-papiers, les sans domicile fixe, violences faites aux femmes (France), Souricière (film d’animation) de Sandrine Conte et Stéphane Margail , Onde naissante (film d’animation), de Massoud Raouf (Canada)
Verre de l'amitié et de l’espoir
Vendredi 1 avril
14h00
- La fosse commune Khavaran en
Iran (Iran), Victor Hugo (France), Taslima Nasrin (France), Résistance française, 3 films sur les sans-papiers, les sans domicile fixe, violences
faites aux femmes (France),
- Le voile de Berta (EL
VELO DE BERTA) de Esteban Larrain , documentaire,
Chili,
-
3 films proposés par Guy
GORE, Producteur-scénariste-dialoguiste
- Carla et Nicolas, par Faryde LARA,
- Cinq doigts par Faryde
LARA, ,9’, 2011, France, Avec:Abdel,
Ibrahima, Samir, Ryosuké et Aurélien
- Marine et Marine, par Thomas MARTIN,
16h00
2 films de PROMOFEST ORG (Espagne)
- Autorité
(L’AUTORIDAD), fiction de Xavi Sala10’
2010, espagnole sous titre en français (vostf) Espagne
- Enfant Jésus, fiction / Drame
de Jesús Pérez-Miranda
- Le bucherons des mots (film
d’animation), par : Izù
TROIN
- La souricière (film d’animation),, par : Stéphane Margail, Sandrine
Conte
2
films de
Massoud Raouf (Canada) :
- Onde naissante (film d’animation), Réalisarion/scénario/Animation :
Masoud Raouf,
- L’arbre qui se souvient, fiction
documentaire, persan, sous-titré français,
19h00
Au milieu de nulle part
(In
the Middle of Nowhere) de Farah Shilandri,
20h00
Cul-
de- sac
de Ramin Goudarzi Nejad et Mahshad Torkan,
fiction,
Samedi 2 avril
14h00
- Films primés en
2010 Festiv'Art, 10ème
Festival de cinéma de Limoges. COMPETITION DOCUMENTAIRE
- PRIX DU JURY &
PRIX DU JURY JEUNE : Marvel 14, les
super-héros contre la censure, de Jean Depelley et Philippe Roure (Mataluna Productions) Documentaire, France,
- PRIX DU PUBLIC : Françoisderoubaix.fan’s, de Patricia
De Roubay (Stations Servi ces) Documentaire, France, 24’09
- PRIX DU JURY JEUNE
& PRIX DU PUBLIC : La carte,
de Stefan Le Lay (Les films du Varech), fiction, France,
- PRIX DU JURY
EX-AEQUO : Haïku, de Mathieu
Lalande, Dominique Rocher, Thibault Mombellet, Morgan
Salaud-Dalibert (Buffalo Corp), fiction expérimentale, France,
- PRIX DU JURY
EX-AEQUO : Un 45 tours de cheveu,
ceci n’est pas un disque, de Frank Beauvais (Les films du Bélier) fiction
expérimentale, France,
- La danse du soleil interdite de Lila Ghobadi
- Interview avec Lila Ghobadi
16h00
Hommage à Moslem
Mansouri, fondateur du cinéma souterrain en Iran. Rétrospective
de ses films en sa présence. Invité (USA)
-
Dans les coulisses des Films :
-
CLOSE-UP LONG SHOT, Iran-France 1996/43’
(France), anglais, sous titre en français
- UTOPIA (Réfugiés de guerre),
documentaire, persan, sous-titré anglais,
18h00
- EPITAPH (Les prostituées),
documentaire, persan, sous-titré anglais,
- Procès, fiction documentaire, en
persan, sous-titré français,
- Dernière
Parole (grand
poète contemporain iranien Ahmad Chamlou), documentaire
(USA), en persan sous titré en anglais version complète,
20h30 : Rencontre /
Débat
avec Moslem Mansouri
Dimanche 3 avril
14h00
- 4 clips Vidéo- clips par Mahmoud Davari,
- Vidéo- clips hommage
aux poètes : Mina ASSADI, Frough FAROKHZAD, M. SAHAR (Mohammad Djalali, Chimeh), Ahmad SHAMLOU,
Said SOLTANPOUR, Sadegh HEDAYAT (écrivain)
- Bonne fête aux femmes
17h00 :
Miracle du
Millénaire pour la
littérature (les paroles de Président Ahmadi nejad) de Reza AZADI
18h00
Terreur
à Berlin, dernière version, documentaire, d’Arman Nadjm
20h00
- Les
crimes commises à l'époque de MOUSAVI et KAROUBI, par Joseph
Akrami, 7', 2010 en persan, Canada
- Air
Taxi : Episode 1, 4courts-métrages de Kazem Shahryari,
21h00 cloture du festival, concert de musique avec Yvan Navaï au piano
Verre de
l'amitié et de l’espoir
Le festival accueillera l’exposition
collective, l'exposition à laquelle participeront Sylvie Forestier et Patrick Navaï
Des
changements éventuels et sans préavis dans le programme du Festival ne sont pas
à exclure.
Nous espérons vous voir nombreux
au festival. Et n’oubliez pas d’en parler autour de vous
Infos pratiques : Participation
aux frais : séance 5 euros, réduite 3 euros, passeport pour les 4
jours: 45 euros.
Renseignements et réservations : 01 45 42
20 16/ 06 09 12 68 07 ou artenexil@free.fr
Avec le soutien
de : l’ACSE, Conseil Régional de l’Ile de France, Mairie de Paris, Paris CADECS, Festiv’Art (Limoges),
Maison de l’Europe et de l’Orient, Radio FPP 106.3 FM, Association Bleu Perle,
Association Actes de présence, Association Réseau 2000, Association Les
périphériques vous parlent,
Association Art En Exil est la
voix d’une culture humaniste, pluraliste et citoyenne, détachée de toute
appartenance politique.
Association Art en Exil – Siège
social : 21, rue de Fécamp 75012 Paris, Association agréée Jeunesse et Education
Populaire par
jeudi 31 mars
14h00
- Molex, les
gens debout, documentaire, France,
23 octobre 2008 : la
direction de Molex annonce au comité d'entreprise la fermeture du site de
connectique automobile de Villemur-sur-Tarn, malgré 1,2 million d'euros de
bénéfices et trois mois après lui avoir décerné un prix d'honneur pour ses
performances. Aussitôt, les 283 salariés du site décident de lutter pour
préserver leur emploi et dénoncent des "licenciements boursiers".
Refusant la grève, ils se postent jour et nuit devant cette usine qui les a vus
naître afin de protéger leur outil de travail et en appellent à la justice pour
défendre leurs droits. Un combat aux résonnances nationales contre "des
patrons voyous" qui suscite alors l'intérêt des médias et que le
gouvernement reconnaît comme légitime..

Oléoduc d’Amazonie. Pollution,
Corruption et Pauvreté de Juan Pablo
Barragán et Ivonne Ramos documentaire, 33’ , sous titré
en français (vostf) Equateur
Festival
de documentaire sur l’environnement, Californie, 2003. Premier prix
Festival
de documentaires d’Amérique latine, Albacete, Espagne, 2003.
Festival
Filmar en América latina, Genève, 2007
Ces
trente dernières années, l’activité pétrolière en Equateur a engendré la
destruction de deux millions d’hectares de forêt amazonienne, la pollution des
sols et la contamination des eaux. Elle a également dépossédé les indigènes de
leurs terres au profit de groupes pétroliers. En 2001, le président Gustavo Noboa
signe un contrat en faveur de la construction d’un oléoduc transportant du
pétrole lourd. Cette décision implique une forte augmentation de l’exploitation
pétrolière en
Amazonie,
la destruction de parcs nationaux et de réserves protégées. Le projet provoque
une vive indignation internationale.

16h30
- Maria et le Nouveau Monde (Maria y el nuevo
mundo), de George Walker Torres, documentaire, Vénézuela,
Itinéraires,
images et réalités de l’Amérique latine, Bruxelles, 2009
Santiago
Festival Internacional de Cine, Chili, 2009
Rencontres
du Cinéma Latino-américain, Bordeaux, 2010. Second prix du Public
En
pleine forêt montagneuse du Venezuela surgit
María,
37 ans, vit dans une décharge au dessus du village. Séparée de sa fille, elle
ramasse bouteilles et conserves au milieu des chiens errants. Ce film est son
histoire, sa lutte pour la survie. Une histoire d’abandon et d’innocence, celle
de María, de sa fille Joana, et aussi celle des colons allemands qui arrivèrent
sur ces terres, bercés des illusions d’un Monde Nouveau.

-Hors- jeu, de Víctor
Arregui fiction,
Prix
Cinéma en Construction - Festival de San Sebastien, 2002
Festival
International du Nouveau Cinéma de la Havane, Cuba, 2003
Prix
pour la paix et la résistance - Festival de Torino, 2003
Juan,
jeune Equatorien issu d’un milieu populaire, rêve de migrer pour échapper au
chaos qui règne dans son pays. La crise
économique,
sociale, et morale que traverse l’Equateur, l’appauvrissement de sa famille et
de ses amis, ainsi que sa première crise amoureuse, finissent par rendre son
quotidien de plus en plus difficile et étouffant. A ce moment-là, le pays ne
lui offre que deux options : voler ou partir. Tourné dans la ville de Quito, ce
film récupère des fragments de l’histoire récente de
L’Equateur.Dans
un pays au cinéma en gestation, Fuera de juego constitue pour le réalisateur un
« apport pour la mémoire collective des Equatoriens ».

19h00
- Les Chaînes invisibles d’Isabelle
Guiard et Lydia Rozenberg,
documentaire,
Ce documentaire tisse
un dialogue entre le spectacle né d'un atelier mené dans deux centres sociaux
de Vitry-sur-Seine et une femme à qui son mari a interdit d'y participer.
Une réflexion légère et drôle sur la condition de la femme et ses propres
freins à gagner son indépendance et sa liberté.

20h30 Cérémonie d’ouverture :
Projection de courts métrages : La fosse commune Khavaran en Iran (Iran),Victor Hugo (France), Taslima Nasrin (France), Air TAXI de Kazem Shahryari (France), deux films de Faryde LARA: Cinq doigts et Marine et Marine (France), Résistance française, 3 films sur les sans-papiers, les sans domicile fixe, violences faites aux femmes (France), Souricière (film d’animation) de Sandrine Conte et Stéphane Margail (France), Onde naissante (film d’animation), de Massoud Raouf (Canada)
Verre
de l'amitié et de l’espoir
Vendredi 1 avril
14h00
La
fosse commune de Khavaran en Iran
(Iran), Victor Hugo
(France), Taslima Nasrin (France), Résistance
française,
3 films sur les sans-papiers, les sans domicile fixe, violences
faites aux femmes (France),
- Le voile de Berta (EL VELO DE BERTA) de Esteban Larrain , documentaire, Chili,
Prix
spécial du jury - Festival des Trois Continents, Milan, 2005
Festival
de Cinéma de Rhodes, Grèce, 2005. Prix Ramsar
Dans
les montagnes du Sud du Chili,la multinationale ENDESA construit un gigantesque
barrage qui retiendra les eaux du
fleuve
Bio Bio et engloutira les terres où vivent depuis toujours les Indiens
Pehuenches. Malgré l’appui du gouvernement chilien, l’entreprise rencontre
depuis le début du projet la ferme résistance d’un groupe de femmes âgées de la
communauté locale. Parmi elles, Berta Quintreman, 88 ans, est à la tête de ce
mouvement de résistance. Personnage drôle et combatif, Berta tente de stopper
les machines et de mobiliser d’autres familles pour empêcher la disparition de
leurs terres ancestrales.

3
films proposés par Guy GORE, producteur-scénariste-dialoguiste
- Carla et Nicolas, par Faryde
LARA,
Retour de week-end du couple, après une visite aux parents de Carla.

- Cinq doigts par Faryde LARA, ,9’, 2011, France. Avec: Abdel, Ibrahima, Samir,Ryosuké et Aurélien
5 jeunes d'origines diverses s'interrogeant sur les travers de la société.

- Marine et Marine par Thomas
MARTIN,
Suivis d’une rencontre-débat avec
les réalisateurs
Une affaire de
discrimination au logement.

http://doubleg421.skyrock.com
16h00
2 films de PROMOFEST ORG (Espagne) www.promofest.org/films/jesusito-de-mi-vida
Autorité (l’Autoridad), fiction de Xavi Sala,
Avec : HWID,López ,Mère Belén, Priscilla Delgado, Bennaji, Adolfo Fernández,Ortega Esther
Une famille maroco- espagnole va partir en vacances et est arrêté par la police. Après la fouille humiliante, les choses ne seront plus jamais
les mêmes.

-
Enfant Jésus,
de Jesús Pérez-Miranda, fiction / Drame
Il y a des nuits où rien ne se passe. Et des nuits où vous vous
attendez qu'un miracle se produise.
Jésus, un enfant de six ans, se réveille au
milieu de la nuit avec un besoin urgent d'uriner. Mais la peur
du noir l’arrête l'histoire pour franchir le couloir qui mène à la salle de bains. Influencé par les conseils
de sa mère, je demande
à Dieu de l'aide, dans l'espoir d’une sorte de miracle qui pourrait se produire.

- Le bucherons des mots par
: Izù TROIN

Dans un pays où les habitants se nourrissent, au sens propre, de lettres et de
mots cueillis dans les arbres, la lecture est vitale s’ils ne veulent pas
mourir... d’ennui....
> Fiche
détaillée du film
- La souricière, par : Stéphane
Margail, Sandrine Conte
Arrêté pour dissidence
politique par un dictateur, un homme attend sa mise à mort dans une cellule en
dessinant pour tenter de diminuer son angoisse. Condamné à être pendu en...

2
films de
Massoud Raouf :
-
L’arbre qui se souvient, fiction
documentaire, persan, sous-titré français,
Ontario, 1992, un
étudiant iranien est retrouvé pendu. Massoud Raouf en interviewant d’anciens exilés politiques ayant trouvé
asile au Canada rend hommage aux victimes
et à l’endurance des survivants
qui ont lutté pour la démocratie que ce soit sous le régime du Shah ou
celui des Ayatollah.
Le film a été primé à différents festivals : HOT DOCS, Yorkton en 2002.

- Onde naissante (film d’animation),
réalisation/scénario/Animation : Massoud Raouf, 35
mm, Couleur.5’ 2005 Canada
Musique : Shida Gharachedaghi, Eric
Lemoyne
Dans ce film d'animation, un homme emprisonné dans une bouteille symbolise
le dernier espoir l'humanité de survivre aux effets dévastateurs de la guerre.

19h00
Au milieu de nulle part
(In
the Middle of Nowhere) de Farah Shilandri,
J’ai enquêté pour « au milieu de nulle part » sur la question du
statut de demandeur d'asile iranien des femmes dans les lois en Suède. Les
conditions politiques en Iran et son système juridique conduisent les femmes
iraniennes à partir de ce pays (y compris les lois, la discrimination sexuelle
grave, etc.)
Pour certaines femmes, la seule façon d'échapper à ce
tourbillon est de se sauver de la
religion et de l'État où elles sont opprimées. Mais ces femmes, hors de l'Iran, sont confrontées à un
problème grave et complexe : «la gestion des migrations» et la qualité qui est appelée le droit des
réfugiés. La plupart de ces femmes, qui se sont sauvées de leur pays et ont
coupé les ponts, ne sont pas les bienvenues dans la nouvelle société non plus.
La majorité échoue à avoir le statut de réfugiées. C'est pourquoi ce film
s’intitule « au milieu de nulle part », pour montrer l’angoisse
de ces femmes en détresse, et se propose aussi de montrer le pays d'accueil.

20h00
Cul-
de- sac de Ramin Goudarzi Nejad et Mahshad Torkan,
fiction,
Avec: Kiana
Firouz, Mahshad Torkan, Nichola Evans, Ala Amirshahi, Mahshid Torkan, Farima
Toosi, Tara Inanloo
Kiana, une lesbienne iranienne,
qui avait quitté l'Iran pour éviter d'être
arrêtée répond à Sayeh, une journaliste et activiste,
dont l'expertise est centrée sur la question
des droits
de l'homme iraniens au Royaume-Uni.
Kiana commence à
étudier ici et Sayeh
tente de collecter des informations sur le
sujet controversé de la vie des homosexuels
iraniens par Kiana
qui avait auparavant essayé de faire un
documentaire interdit avec ses amis sur les misères
que les lesbiennes souffrent en Iran.
Même si elle n'a pas pu achever ce film, ses
informations jusqu'à présent
étaient restées inédites. Le climat de
confiance s'établit entre Kiana et Sayeh, centré autour des soulèvements récents en Iran avec
une série d'incidents tels que Kiana a
collaboré avec l'opposition, ce qui a abouti à la demande d’asile de Kiana au Royaume-Uni et...
Samedi 2 avril
14h00
Films
primés en 2010 Festiv'Art, 10ème
Festival de cinéma de Limoges,

COMPETITION
DOCUMENTAIRE
PRIX DU JURY & PRIX
DU JURY JEUNE :
Marvel
14, les super-héros contre la censure, de Jean Depelley et Philippe
Roure (Mataluna Productions)
Documentaire,
Le
documentaire fait le point sur le plus mythique des magazines de bande dessinée
français : le numéro 14 de Marvel, publié par les éditions Lug, interdit
par la censure en 1971 et qui n’est jamais sorti. Une légende urbaine entoure
ce périodique. A-t-il été détruit après l’impression ? Certains
exemplaires ont-ils été mis en vente ou subtilisés avant leur mise au
pilon ? Depuis, des générations de collectionneurs recherchent cet
illustré…

PRIX DU PUBLIC :
Françoisderoubaix.fan’s, de Patricia De Roubay (Stations Services),
documentaire, 24’09, France,
Patricia se
plonge dans l’univers musical de son père,
François de Roubaix, au travers de la parole de ses fans. Un voyage insolite
porté par des passionnés tout aussi drôles, inventifs et touchants que l’était ce compositeur de
musique hors norme, qui réalisa, entre autres, la musique de
Patricia plunges into the musical universe of her
father, François de Roubaix, through the testimonials of his fans. They take us
on a curious journey, as impassioned yet funny, inventive and touching as was
this exceptional composer of film music who scored, among others, the
soundtracks of La Scoumoune, Les Aventuriers, Le Samouraï, Le Vieux Fusil...

COMPETITION GENERALE
PRIX DU JURY JEUNE &
PRIX DU PUBLIC :
La
carte,
de Stefan Le Lay (Les films du
Varech), Fiction, France, 7’30
Un jeune homme qui vit dans une carte postale en couleur
tombe amoureux d'une jeune femme qui vit dans une carte postale en noir et
blanc.

PRIX DU JURY
EX-AEQUO :
Haïku, de Mathieu Lalande, Dominique Rocher, Thibault
Mombellet, Morgan Salaud-Dalibert (Buffalo Corp), fiction
expérimentale,
Le haïku (俳句, haîku) est
une forme poétique très codifiée d'origine japonaise, et à forte composante
symbolique. Il s'agit d'un poème extrêmement bref, visant à exprimer
l'évanescence des choses.
Sept « très
courts métrages » de moins d'une minute, s’inspirant de cette forme
d’expression et la retranscrivant de façon visuelle.

PRIX DU JURY
EX-AEQUO :
Un
45 tours de cheveu, ceci n’est pas un disque, de Frank Beauvais (Les films du Bélier),
fiction expérimentale,
« Un 45
tours de cheveu » est un film de Frank Beauvais pour le groupe Cheveu
(Born Bad Records) comprenant les titres « Like a deer in the
headlights » et « C’est ça l’amour » issus de leur EP de 2009.

Prix du
jury, Nous, d’Olivier Hems, France, fiction 11’49,
Mention spéciale du jury, Cuilos, de Paz Fabrega,
(France-Costa-Rica) fiction 11’30 Prix de la jeunesse Dealer, de Michael
Venus, (Allemagne) fiction, 7’06 Prix du public King Crab Attack,
de Grégoire Sivan, fiction,
- Interview avec
Lila Ghobadi

- La danse
du soleil interdite de Lila
Ghobadi
Après
la révolution de 79, et la mise en place de la république Islamique d’Iran, La danse a été bannie, tout comme d’autres formes
d’art.
Beaucoup
d’artistes qui avaient participé à la révolution luttèrent contre les censeurs
et les lois du régime Islamique. Ils furent exécutés, emprisonnés ou même
forcés de s’exiler.
Aram Bayat fut une de
ces artistes. Elle est une des seuls chorégraphes exilés qui a gardé vivante la
danse folklorique iranienne durant ces deux dernières décennies.
Directeur
& producteur: Lila Ghobady,
cameraman: Moslem Mansouri, Hossein Arian
http://banoufilm.blogspot.com
/
16h00
Hommage à Moslem Mansouri,
fondateur du cinéma souterrain en Iran.
Rétrospective
de ses films en sa présence. Invité (USA)

.. Quand j'avais environ 12
ans à chaque fois que je suis
passé devant les cinémas, les
affiches énormes m’ont
hypnotisé. Je voudrais regarder les affiches
plus grandes que la vie, mais n'avais aucune idée de ce qui se passait à
l'intérieur. Je m'étais fait une
image ambiguë remplie de concepts imaginaires sur
le cinéma dans mon esprit ...
Des années plus tard je tournais des
films souterrains, films sur la
réalité amère qui se passait
autour de moi dans
l'immense prison appelé l'Iran ...
http://www.moslemmansouri.com/index.html
- Dans les
coulisses des Films :

- CLOSE-UP LONG SHOT
Iran-France 1996,
Cinq
ans
après Close-Up, Gros plan de Kiarostami, Close-Up, Gros plan de Moslem Mansouri met l'accent sur Hossein Sabzian racontant
sa propre histoire. Loin d'être un imposteur, il communique
son engouement pour les films et sa conception du
7ème Art. Il raconte comment
sa vie a changé après
le tournage du film. Il réfléchit sur sa
condition sociale, ses désirs,
ses peurs, devenant
comme un miroir dans lequel les gens ordinaires
et les cinéphiles peuvent voir leur
propre visage. Gros plan LONG SHOT est une série de conversations et
d'entretiens avec des gens
qui connaissent Sabzian. Il est construit
comme une pyramide de montage émotion.
"Close-up, Long
Shot" gagné le prix de

- UTOPIA (Réfugiés de guerre) documentaire, en persan, sous-titré
anglais,
A travers une série d’entretiens, le réalisateur nous offre un portrait des familles de réfugiés de guerre.

18h00
- EPITAPH (Les prostituées), documentaire, en
persan, sous-titré anglais,
Entretiens
poignants avec des prostituées, qui expliquent en termes simples et émouvants
leurs vies et leurs malheurs.

-
Procès, fiction documentaire, en persan, sous-titré
français,

Dernière Parole (grand poète contemporain iranien Ahmad Chamlou), documentaire,
Ahmad
Chamlou,
considéré comme le plus grand poète contemporain iranien, est décédé le 24
juillet 2000, à l'âge de 75 ans des suites d'une longue maladie. Ahmad Chamlou,
qui souffrait d'un cancer et de diabète, était hospitalisé depuis plusieurs
semaines. Respecté par les intellectuels laïcs, Ahmad Chamlou a ouvert la
littérature iranienne contemporaine à la contestation politique.
A la révolution islamique en 1979, il était responsable de la revue Jom'éh
(vendredi) dans laquelle il publiait des poèmes politiques, considérés par la
critique comme des "cris contre la pauvreté et l'injustice".
Paradoxalement, le poète qui se disait opposé aux symboles de l'ancienne Perse
a commencé à les défendre après le triomphe de la révolution islamique.
Dans ses dernières années, affaiblies et sans ressources, il vivait en reclus
s'adonnant à l'opium. Très malade, il fut été amputé d'une jambe. Parmi ses
recueils les plus connus figurent Ibrahim dans le feu", Fleurir
dans la brume" et le jardin des miroirs.
Chamlou, dont le maître spirituel était Nima
Yushidj, fut l'une des figures les plus marquantes de la poésie
iranienne contemporaine et aussi le traducteur en persan de Federico Garcia
Lorca. Par sa possession distinctive de langue et des mots, il s'est habilement
mis du côté l'opprimé et s'est opposé aux régimes cruels et leurs institutions
inhumaines.
À cause de ses croyances, après sa mort, sa pierre tombale était à plusieurs
reprises vandalisée par les agents de gouvernement iranien.
En ermitage près de Téhéran, Ahmed Chamlou, 74 ans, jouissait dans son pays
d'une réputation comparable à celle du Victor Hugo des dernières années.
Chamlou a élevée la poésie au rang d'une religion. Les Iraniens ont pour lui
une telle ferveur qu'elle apparaît presque sacrée, rappelant celle que le
peuple de Paris manifestait autrefois pour le Victor Hugo des dernières années.
En Iran, on offre des poèmes de Chamlou à un amour, à un ami, pour un
anniversaire. Chamlou dans ses poésies a répercuté les privations et les
visions de son peuple et de cette manière; sa plume était ses moyens les
meilleurs.
20h30
Rencontre / Débat avec Moslem
Mansouri
Dimanche 3 avril
14h00
- 4 clips Vidéo- clips par Mahmoud Davari,
- Vidéo- clips hommage
aux poètes : Mina ASSADI, Frough FAROKHZAD, M. SAHAR (Mohammad Djalali,
Chimeh), Ahmad SHAMLOU, par Bahram, Finlande,
- Bonne fête aux femmes
17h00
Miracle du Millénaire pour la littérature (les paroles de Président Ahmadi
nejad) de Reza AZADI,
Mahmoud Ahmadinejad,
le président iranien a sa propre littérature …

18h00
Terreur
à Berlin, dernière version, documentaire, de Arman Nadjm
Depuis 1979 les droits
de l’homme sont bafoués en Iran. Des milliers d’intellectuels, écrivains,
journalistes et étudiants ont été arrêtés, maltraités, torturés, exécutés ou
assassinés. Cette spirale de violence continue à l’heure actuelle.
Le 17 septembre 1992, un
groupe armé a tué, sur l’ordre des dirigeants iraniens, quatre opposants au
régime islamique, dans un restaurant berlinois appelé Mykonos. Après trois ans et
demi de procès, le tribunal supérieur de Berlin a condamné, en avril 1997,
quatre inculpés pour ce meurtre.
Le verdict précise
clairement que l’attentat a été commandité par, le chef religieux Seyyed Ali khamenei, l’ancien président Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, le
ministre des affaires étrangères de l’époque Ali Akbar Welayati, ainsi que le chef des services secrets Ali Fllahian.
Dans ce film, un témoin
rescapé de l’attentat, (Parviz Dastmalchi ) explique les motivations politiques
de cette terreur et revient sur son propre vécu.

20h00
- Les crimes commises à l'époque de MOUSAVI et KAROUBI, par Joseph Akrami, 7', 2010 en persan,
Canada
Témoignages poignants
des ex- prisonniers politique
- Air Taxi: Episode 1 de Kazem Shahryari, 19 minutes, 2010/2011, en français, France
Il s’agit de 4
courts-métrages dont les histoires se déroulent dans un taxi parisien.
Premier
conte – Rendez-vous : Un
premier, un deuxième puis un troisième taxi arrivent à un rendez-vous… où aucun
client ne les attend. Un homme
arrive qui justement a besoin d’un taxi. Honneur aux dames. L’homme monte dans
le seul des trois taxis conduit par une femme tandis que les deux autres
chauffeurs sont contraints de reprendre leur course à vide.

Deuxième conte –
Possédée : Une femme bon chic
bon genre monte dans un taxi. Elle regrette d’avoir attendu très longtemps… à
Le Paris d’avant…
D’avant les étrangers ? Le conducteur de taxi lui est étranger.
La femme n’a pas
d’espèces. Elle fait arrêter le taxi à proximité d’un distributeur automatique
afin de pouvoir y retirer de l’argent. En fait, elle en profite pour se débiner
sans payer. Un peu plus tard, la même femme hèle un taxi. Elle monte et
s’apprête à recommencer son manège, mais elle est tombée sur le même chauffeur
de taxi qu’elle a roulé dans la farine tout à l’heure.

Troisième conte –
Perdue : Une femme vacillante
monte dans un taxi conduit par… un chauffeur noir. Elle lui dit d’avancer.
Avant de démarrer, le conducteur voudrait que sa cliente lui indique sa
destination. La femme commence à l’insulter. Le chauffeur veut la destination.
Elle l’insulte de plus belle. Le chauffeur éclate de rire. Il rit tellement qu’il
sort de son taxi. La femme visiblement en souffrance continue à parler dans le
vide. La porte du taxi s’ouvre, quelqu’un s’assoit à la place du conducteur… La
femme s’apprête à reprendre son chapelet d’injures. Dans le rétroviseur, elle
aperçoit le quidam. Effrayée, elle s’enfuit du véhicule…qui n’a jamais démarré
sa course.
Quatrième conte -
Etranger : Une femme monte dans
un taxi pour le Pont des arts. Vêtue d’une grande cape noire, elle est vannée.
La nuit a été longue. Le chauffeur essaie de lui parler, de la réconforter.
Hébétée, elle répète ses fins de phrases. Elle est

Suivi
d’une
rencontre-débat
21h00 cloture du festival
Concert de musique avec Yvan Navaï au piano
Verre de
l'amitié et de l’espoir
Yvan Navaï (jeune musicien)
D’abord formé au piano
par la compositrice Danielle Rossetti, Yvan Navaï entre ensuite à l’Ecole
Nationale de Musique de Cachan où il suit les cours de la concertiste Ani
Petrossian. Il obtient le Premier Prix de piano à l’unanimité avec les
félicitations du jury pour son Diplôme d’Etudes Musicales (DEM). Après avoir achevé ses études en cycle
spécialisé (Perfectionnement), il décroche en 2009 un Prix d’excellence au
Concours International de piano Léopold Bellan à Paris.
En parallèle,
il étudie le trombone au Conservatoire National de Région de Musique de
Boulogne Billancourt, où il obtient en 2010 le C.F.E.M. avec la mention très
bien. Il intègre ensuite le Big-Band de jazz à l’ Ecole Nationale de Musique de
Cachan.
Depuis 2009,
il fait partie de l’Orchestre Symphonique Ars Fidélis avec lequel il
interprètera au piano le concerto 24 de Mozart en tant que soliste à l’Eglise
Sainte Croix des Arméniens de Paris le 31 mars 2011.
Poly-instrumentiste,
Yvan Navaï joue également du santur (cithare iranienne) et de l’accordéon
chromatique.
Membre de
En 2010,
parution d’un CD d’œuvres classiques au piano chez Notes d’Azur : il y
interprète Bach, Mozart, Beethoven, Chopin et Liszt.
Mail : yvamusi@orange.fr/ Blog : membre de
Myspace/ Site : www.ars-fidelis.fr
EXPOSITION COLLECTIVE
Le
festival accueillera l’exposition
collective, l'exposition à laquelle
participeront peintures et photos Sylvie Forestier et Patrick Navaï
Le parcours d’artiste de Sylvie Forestier est
semé de poèmes, de chansons, de contes, ainsi que d’expositions de collages et
de peintures (Festival de l’Art de l’Imaginaire et du Fantastique de
Beaumont-en-Auge) Elle a participé à la tenue de Migraphonies, revue des
littératures et musiques du monde. Récitante, elle s’est produite à l’Unesco en
2003 à l’occasion du spectacle Mille et Un Poèmes pour l’Afghanistan,
monté par Open Asia, ainsi que dans des lieux comme l’Espace Scribe l’Harmattan
et le bateau Daphné, où s’est déroulé
Mail : ifart@laposte.net

Patrick Navaï
Patrick Navaï
est peintre. Il a obtenu

Mail : navastan@laposte.net
Des
changements éventuels et sans préavis dans le programme du Festival ne sont pas
à exclure.
Nous espérons vous voir nombreux
au festival. Et n’oubliez pas d’en parler autour de vous
|
Le cinéma et la torture dans les prisons de la
République islamique ! Par : MINOU HOMAILI et les films de Monsieur Mohsen
Makhmalbaf, la lumière des yeux du régime de la République islamique et
des festivals à la télévision de la prison!!! |
Extrait de « Journal d’Aftab publié à Téhéran», avril 2009
Le père de Roxanan Sabéri : Bahman Ghobadi n’est
pas le fiancé de ma fille
Aftab : Le père de Roxana Sabéri qui avait dit à
un journaliste américain que Bahman Ghobadi cinéaste iranien, est en train
d’utiliser le nom de sa fille pour devenir célèbre, a annoncé que Bahman
Ghobadi n’est pas le fiancé de Roxanan Sabéri.
Bahman Ghobadi : Roxana Sabéri était ma fiancée.
Le groupe CAC/Aftab rapporte que Gholam-Réza Sabéri,
le père de Roxanan Sabéri, journaliste irano américaine qui était condamnée à 8
ans de pprison, accusée d’espionnage, a déclaré, dans le cadre de ses efforts
pour libérer sa fille, qu’à sa connaissance Roxana n’a jamais été fiancée, et
que c’est la famille et son avocat qui vont suivre son dossier.
Il a ajouté que personne ne doit intervenir dans cette
affaire sans l’autorisation de la famille. Il a continué en disant que Bahman
Ghobadi utilise cela dans les intérêts de son film et pour être reconnu
internationalement, et qu’il ne laisserait personne utiliser le nom de sa
fille, que le dossier est juridique et rien d’autre.
Association Art en exil à Nantes
Mardi 9 Décembre à 20h30
Au Cinématographe, 12bis rue des carmélites- Nantes
CONTRECHAMP présente
PROCÈS(S)
Deux films qui tendent aux réalisateurs le miroir de
leur propre activité et questionnent les conditions de sa poursuite.
- PROCÈS, de Moslem Mansouri,
fiction documentaire, persan, sous-titré français, 42min, Betacam, Canada,
2002.
Les ouvriers d’une briqueterie d’un petit village
situé à
- QUELQUES MIETTES POUR LES OISEAUX, de
Nassin Amaouche, 28min, 35mm , France, prod. Eris Production/Fondation Evens,
2005.
En Jordanie, le dernier village avant la frontière
irakienne, un petit bar, des entraîneuses, des hommes qui vendent des jerrycans
de carburant au bord de la route. Lorsque la police arrive, hommes et femmes se
dispersent comme une volée d’oiseaux traqués.
Suivi d'une discussion avec Djavad Dadsetan, directeur
artistique de l'association "Art en exil", distributeur du film de
Moslem Mansouri et fondateur du Festival de Cinéma Iranien en Exil. http://www.artenexil.net
Contrechamp
http://www.lecinematographe.com/cycles_annuels/films_ALTER.htm
La différence entre les deux cinéastes Stanley Kubrick et
Ridley Scott
Hagir Darioush, réalisateur Iranien et directeur
exécutif du festival du film de Téhéran à l’époque du Shah a écrit dans ses
mémoires :
Nous
voulions programmer les films de Stanley Kubrick au festival du film de Téhéran et pour cela
nous essayions de le joindre pour l’inviter à venir au festival. Après de
nombreux contacts pris avec les personnes de son entourage, j’ai enfin réussi à
obtenir un rendez-vous avec lui à son bureau. Il a écouté ma proposition et il
m’a littéralement jeté hors de son bureau dans une colère en disant :
« Vous m’invitez dans un pays qui a des prisonniers politiques ! En
Iran on emprisonne pour la seule opinion politique ! »
Bien évidemment les atrocités commises par le régime de Shah d’Iran sur le
plan des droits de l’homme sont insignifiantes comparées à celles perpétrées
par la République Islamique d’Iran depuis le renversement du Shah. Dans les 29
dernières années, la République Islamique a exécuté des milliers et des
milliers de ses opposants. Elle a pillé le pétrole et les autres richesses
minérales du pays. Elle a supprimé étudiants, intellectuels, femmes,
travailleurs et masses laborieuses. Elle a imposé le code vestimentaire
islamique aux filles et aux femmes. Elle a intimidé l’ensemble de la société
par des flagellations publiques et des exécutions par pendaisons commises
couramment à chaque coin de rue.
La République
Islamique d’Iran a imposé ses objectifs politiques à la culture et à
l’art officiels de la société. La création et l’audace artistiques de nombreux
réalisateurs, qui ne voulaient pas réaliser leurs films dans le respect du
cadre fixé par le gouvernement, ont été exténuées derrière les portes fermées
du bureau de la censure. Malgré tout ceci, ceux qui sont responsable de la
production du film « Body of lies », ont apporté des changement au
scénario initial afin qu’il ne soit pas en contradiction avec les lois de la
République Islamique d’Iran. Ils ont souligné le fait que la comédienne
Iranienne portait son foulard islamique ( hijab ) pendant tout le
tournage.
A ce jour, les studios d’Hollywood ont réalisé
beaucoup de films sur les pays du moyen orient ou d’autres régions du monde, en
utilisant les acteurs locaux ou des acteurs ayant le même profil que les
acteurs locaux. Mais jamais auparavant avaient-ils changé le scénario initial
afin qu’une comédienne en particulier puisse figurer dans le film sans qu’elle
soit en contradiction avec les lois de son pays. Par ailleurs, bizarrement, le
film n’a même pas été tourné en Iran mais dans un pays tiers.
Eh bien, les producteurs de « Body of lies »
n’auraient pas eu de mal pour trouver une autre comédienne pour jouer ce rôle.
Pourquoi alors ont-ils été obligés de changer le scénario et de s’aligner sur
les lois inhumaines du gouvernement d’Iran afin qu’une comédienne Iranienne
puisse jouer dans ce film ? Peu importe la véritable raison, le
producteurs de « Body of lies » n’ont pas tenu compte de la censure,
de l’oppression et des massacres des populations par la République Islamique
d’Iran, et en ce faisant, ils ont nui au message véhiculé par leur film.
Dans le monde actuel, où il n’y a plus de place pour
les valeurs humanistes et des principes éthiques, les directeurs et des
cinéastes influents tel que Stanley Kubrick nous manquent beaucoup.
Moslem Mansouri
Cinéaste Iranien en exil
Bahram Beyzaï* :
Journée nationale du cinéma, journée nationale
du peuple
Bahram Beyzaï : La journée nationale
du cinéma est le jour où tous les films censurés ou interdits seront libérés.
La journée nationale du cinéma est le jour où le soutien aux films éminents du
cinéma iranien n’est pas vu comme ennemi. La journée nationale du cinéma est la
journée du juste partage des possibilités ; le jour où les privilégiés
sont remplacés par des amateurs de la culture. La journée nationale du cinéma
est le jour où les bureaucrates n’essaieront pas de paralyser l’esprit et de
détruire des œuvres. La journée nationale du cinéma est le jour où on n’est pas
obligé de supplier pour produire un film culturel et pour le montrer et où on
n’est pas dégoûté de la vie par son œuvre et par soi-même. La journée nationale
du cinéma est le jour où, de peur que les producteurs soient n’importe qui, on
ne décide pas de ne pas faire de films. La journée nationale du cinéma est le
jour où les cinéastes indépendants se lèvent, libres des ordres du cinéma
commercial de la patrie, libres des ordres des capitaux étrangers, libres des
jeux politiques, économiques et de circonstances, libres des ordres des
festivals. La journée nationale du cinéma est le jour où le cinéma est organisé
par les amateurs de cinéma et non pas par ses ennemis et par des commerçants
qui, quand cela est nécessaire, sont des bien-aimés de Dieu. La journée
nationale du cinéma est le jour où la mairie n’arrache pas les vieux arbres
sous prétexte qu’ils font de l’ombre pour les remplacer par du petit gazon
parce que celui-ci peut être foulé sous les pieds. La journée nationale du cinéma
est le jour où le voile de « comment et de pourquoi » est levé des
caméras et où l’écran blanc regarde sans voile l’œil du monde. La journée
nationale du cinéma est un jour vert, non pollué, sans nuit !
· Cinéaste iranien résidant en
Iran

Après des études de littérature à
la faculté de Téhéran, il fait sa première expérience cinématographique en 1955
avec un film en 8mm. Nommé en 1971 maître enseignant à la faculté des
beaux-arts de Téhéran, il est l'auteur d'une vingtaine de pièces de théâtre et
de trois essais.
En 1970, il réalise un premier
court métrage, L'Oncle moustachu.En 1985, durant le conflit Iran Irak, il réalise Bashu,
le petit étranger qui ne sortira sur les écran iraniens qu'après la guerre
en 1988.

Bashu, le petit étranger
MELINA MERCOURI

BIOGRAPHIE :
Maria Amalia Mercouri (
Athènes 1923 – New-York 1994)
Elle
est née à Athènes dans une famille de grande bourgeoisie, son grand père était
maire de la ville et député au parlement. Pendant la deuxième Guerre Mondiale,
son père fut l’un des chefs de la résistance contre l’occupation allemande et
Mélina a hérité de cet esprit de révolte.
Après
des débuts au théâtre, elle s’impose au cinéma avec le film Stella
(Michel Cacoyannis, 1955) avant de devenir l’interprète favorite de Jules
Dassin qu’elle épouse en 1966 et pour qui elle tourne Celui qui doit mourir
(1957), Jamais le dimanche (1960), Topkapi (1964), Dix Heures
et demie du soir en été (1966), la Promesse de l'aube (1970), Cris
de femmes (1974). ). Elle publie en 1972 un livre autobiographique, Je
suis née grecque, et remonte sur les planches en 1976 avec Médée,
mise en scène par Minos Volonakis.
Après le coup d’Etat en 1967 et l’instauration du régime
des colonels, Mélina Mercouri, ayant perdue ses droits civiques est poussée à
l’exil. Elle entame alors une tournée internationale et chante en faveur de la
liberté de son pays et ne cesse d’apporter son soutien à la résistance grecque.
En 1974, à la fin de la dictature, Melina Mercouri
retourne en Grèce où elle entre en politique. D'abord députée au Parlement,
elle accède au poste de ministre de la culture de 1981 à 1989. Durant son
mandat, elle se bat notamment pour la restitution des marbres du Parthénon,
entreposés au British Museum de Londres.
En 1993, Melina Mercouri est à nouveau nommée ministre de
la Culture, poste qu'elle occupe jusqu'à sa mort en 1994, à New York. La Fondation Melina Mercouri poursuit
aujourd'hui sa lutte pour la préservation des monuments grecs antiques.
§ L’étrangère.
Paroles: Pierre Delanoë. Musique: M.Théodorakis,
M.Eleftheriou 1971 "Mélina"
Titre original: "O dikastis"
© 1971 - Disque Polydor
Le rire des bourreaux est noir
L'innocent chante son espoir
Et l'adieu sur le quai d'un port oh oh oh oh
Avec la vie, avec la vie
Porte la mort
Monsieur le Juge porte la loi
Et la prison au bout des doigts
Moi l'étrangère universelle oh oh oh oh
Je porte le deuil de mon ciel
Moi l'étrangère universelle oh oh oh oh
Je porte le deuil de mon ciel
L'amour porte en lui le bonheur
Ou le chagrin selon les heures
Et la justice qui punit oh oh oh oh
Avec la Mort, avec la Mort
Porte la Vie
Et la colombe va s'envoler
Sous le nez du serpent volé
Moi l'étrangère universelle oh oh oh oh
Je porte le deuil de mon ciel
Moi l'étrangère universelle oh oh oh oh
Je porte le deuil de mon ciel
Evénements :
Du 27 au 30 août nous étions présents
autour de soutien au développement du débat d’idées et de la diversité
culturelle, le Centre Culturel et de Coopération Linguistique de Tallinn a
invité l’Association Art en Exil, pour une intervention au colloque
international sur la diversité culturelle et la tolérance culturelle le 30 août
2006 à Tartu). (Notre association a été la seule association
française invitée à ce colloque).
M. Djavad Dadsetan
directeur artistique de l’Association s’est rendu en Estonie du 27 au 31 août
2006 et a fait une intervention sur le thème « Tolérance culturelle en
France » au colloque organisé par le PÖFF, le 30 août 2006, dans le grand
amphithéâtre de l’Université de Tartu.
-
Festival
international de court-métrage de Limoges qui a eu lieu du 23 au 25
novembre
|
Le rôle du cinéma dans le maquillage du visage de cinéma
nazi et de cinéma de la République islamique |
|
Le cinéma et la torture dans les prisons de la
République islamique ! Par : MINOU HOMAILI |
|
Entretien avec Moslem Mansouri sur
le cinéma souterrain (clindestin et interdit)
iranien Par : ALI ASGHAR BEHROUZIAN |