Le rôle du cinéma dans le maquillage du visage de cinéma nazi et de cinéma de la République islamique
Par Bassir NASSIBI
Les nazis avaient
eux aussi, comme les mollahs, deux genres de films :
Un cinéma qui avait
seulement la valeur propagandiste/politique (95% des films du cinéma de la
République islamique aussi qui font de la publicité pour la guerre et
l’effusion de sang et dont le contenu
c’est des slogans contre l’Amérique impérialiste, ou qui insultent le
régime de Taghout, ou qui scandent des slogans favorables au régime contre les
réfugiés politiques, ne sont utilisés qu’à l’intérieur et ils font partie
de ce groupe). Ces films reflétaient tout à fait les désirs du parti et aucun
patron de salles de cinéma n’avait le droit ni pouvait éviter de montrer ces
films politiques valeureux ; dans ce sens, on peut parler par exemple de
« La victoire de la volonté » de Leni Refenshtal et de
« J’accuse ».
L’autre genre de
films qui avaient une valeur politique et artistique spéciale, étaient une sorte
de signes d’honneur pour les Nazis et étaient spécialement faits pour être
exportés. C’est en liaison avec ce genre de cinéma que Goebles a dit dans son
discours de mai 1933 : Laissez- moi un seul souci, que le film allemand
soit pour l’Allemagne un visage respectable. Les discours des responsables de
la République islamique sur le cinéma exporté iranien est plus ou moins
homogène avec le discours de Goebels. Avec quelques films de quelques cinéastes
capitulards, ces responsables participent depuis plusieurs années à des
festivals connus et inconnus et ils se réclament de 400 prix gagnés. A l’époque
de Hitler au moins, on faisait attention à la construction des salles de cinéma
et leurs améliorations techniques, mais dans la République islamique il y a une
diminution quotidienne des salles de cinéma (170 salles en semi ruines pour 65
millions de personnes). Il y a 7 ans, le cinéma « Liberté »,
apparemment l’ex-Paramount, a brûlé, et jusque-là il n’y a rien eu de fait pour
le reconstruire.
La soif du pourvoir
des Nazis avait visé directement les pays européens et quand ces derniers ont
gagné contre Hitler, ils n’ont pas donné des possibilités de développement au
cinéma des Nazis. Mais aujourd’hui, pour
piller de plus en plus notre peuple enchaîné, les dirigeants des pays
occidentaux veulent garder levé le cadavre semi vivant de Vélayat-é-Faghih.
C’est comme ça que chaque festival réserve un prix pour la République
islamique. Ces prix sont pour la République islamique et non pas pour
les films et les cinéastes ni pour les valeurs exceptionnelles des œuvres
cinématographiques de celle-ci. De la même manière qu’avec la tromperie et
l’hypocrisie, à l’aide de Pierre Ressian l’entremetteur français, Gilles Jacob
directeur du festival de Cannes et d’autres entremetteurs iraniens comme
Mohamad Haghighat, ils ont arrangé la Palme d’or pour « Le goût de
cerise ». Le magasine hebdomadaire du Cinéma faisant allusion à Amir
Nadéri, a écrit clairement que « si Kiarostami n’était pas dans la
République islamique d’Iran, il n’aurait pas pu recevoir ce prix. » C’est
pour cela que les alliés qui ont fait le procès de Rifenshtal à Nuremberg et
qui l’ont boycotté, lui et ses films, respectent Mohsen Makhmalbaf comme la
prunelle de leurs yeux.
Pour
conclure :
Après la chute des
Nazis, beaucoup d’opinions et d’articles en relation avec les raisons du
développement de cette idéologie ont été dits et écrits, et le rôle des gens
ordinaires n’a pas été laissé de côté dans ce sens, mais nous ne voulons pas le
développer dans ce cadre et dans notre temps limité. Même après plus de 60
années après la prise du pouvoir par les Nazis, la société allemande ne s’est
pas libérée de la honte de cette période. Le rôle important des intellectuels
allemands dans le commencement et le développement du nazisme est connu et
déterminant. David Linch écrit dans son valeureux livre « La propagande et
l’Allemagne nazie » : L’émigration de tous ceux qui ne pouvaient pas
ou ne voulaient pas accepter la nouvelle situation et la perte de talents
étaient pénibles, mais les Nazis ont pu profiter des services de plusieurs
techniciens et artistes talentueux ainsi que d’un ensemble réel de comédiens
fameux.
Mais cette réalité
est vraie aussi pour notre milieu et nos gens. Il y a eu beaucoup d’analyses et
de commentaires à propos de la révolution en Iran. Différents éléments, entre
autres le désir et l’intervention du monde occidental, ont été soulevés pour
expliquer la stabilité du régime théocratique et infiniment réactionnaire dans
un territoire où le peuple voulait avec raison la liberté et l’indépendance
mais qui est tombé dans le piège d’un régime arriéré. Mais qu’ont-ils fait nos
intellectuels ? La plupart d’entre eux qui avaient des tendances de
gauche, qu’ont-ils fait pour conscientiser le peuple ? Une partie d’entre
eux ont justifié les positions les plus réactionnaires de l’imam en soutenant
ses positions anti-impérialistes, une autre partie d’eux se sont mis ensemble
pour soutenir la prise d’otages de l’Ambassade. Même après que la nature deu
régime théocratique est devenue claire pour les gens les plus simples et qu’ils
ont pris leur distance avec celui-ci, une partie des intellectuels de notre
société pensaient à marchander avec le
régime ou bien ils se sont fait avoir par la démagogie et la duperie des
mollahs.
Leur rôle dans le
maquillage du régime après 1997 était plus clair que celui des gens simples.
Ils se sont regroupés autour de Khatami, l’ex-ministre de censure et de
Mahadjérani le ministre de censure d’alors (monsieur Mahadjérani, en accord avec
les pensées brillantes du saint Khomeiny, pense que Salman Rushdi était digne
d’exécution révolutionnaire et dit que la lapidation est autorisée basée sur le
Coran). Une partie du Centre des auteurs guidée par la participation de Mahmoud
Dolatabadi, assistant fidèle de Mahadjérani, et à la conférence de Berlin et au
Bureau de débats des civilisations, s’est regroupée autour de Mahadjérani
(j’attire votre attention dans ce cadre-là à la démission de Kaveh Goharine du
Centre des auteurs d’Iran). Ces gens-là ont tellement leurs sorts noués à celui
du régime qu’ils font tout ce qui est dans leur pouvoir de peur que le régime
des criminels ne tombe.
Hanna Arent,
intellectuelle allemande anti-nazie qui est partie en exil, a résumé
l’influence du comportement des intellectuels dans la stabilité des régimes
dictatoriaux. Ne peut-on pas généraliser ses dires à notre société
intellectuelle, et à l’intérieur et à l’extérieur du pays ? Pour finir, je
vous cite les dires d’Arent et je vous laisse, vous-mêmes, répondre à ma
question : La formation des Etats dictatoriaux, sans la présence
d’intellectuels étroits et minables, n’est pas possible. Ce genre
d’intellectuels dans les faits est au service d’un régime qu’il prétend
combattre.
Sources : « La propagande et le régime nazi » de
David Linch, traduit par Hassan Afchar, Irannameh n°3. « Le chemin de
Cannes passe par Kandahar », livre publié par Cinéma Azad.
« L’Histoire du cinéma » d’Arthur Night, traduit par Nadjaf
Daryabandari.