Entretien avec Moslem Mansouri sur le cinéma souterrain (clindestin et interdit) iranien

par :  Ali-Asghar Behrouzian

 

 

J’ai eu, une fois encore, l’opportunité d’avoir un entretien avec Moslem Mansouri un cinéaste qui n’a pas besoin d’être présenté ; ses œuvres le représentent. Moslem Mansouri a réalisé huit films. Il est connu comme fondateur et constructeur du cinéma souterrain d’Iran. Il dit : Le cinéma souterrain est l’image de la vie réelle et nue en « surterrain » du peuple d’Iran ; et c’est justement ce que le cinéma officiel gouvernemental essaie de cacher.

              

               Un regard aux œuvres du cinéaste :

 

Moslem Mansouri a écrit dans les médias cinématographiques d’Iran entre 1992 et 1995. Il a publié un livre intitulé » Cinéma et littérature ». Il a fait des films souterrains, ceci sous la couverture de son travail dans les médias. Son premier film réalisé en 1996 est « Close up long shut ». Ce film a été montré dans plusieurs festivals de cinéma et a eu le prix de la fédération internationale des critiques de cinéma au festival de Turin en Italie et le prix du meilleur film à Lisbonne au Portugal. Le film a eu de bonnes critiques au festival de Berlin, à Réal en France, à Roterdam en Hollande et des cinéastes comme Bertolucci en ont parlé. Son deuxième film s’appelle « Chamlou, le poéte de la liberté » qui a été présenté dans des réunions littéraires et universitaires aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. En 1997, il a réalisé à Paris le court-métrage « Dis à lui » et la même année il a réalisé en Iran le film « Figurant » à propos des figurants dans le cinéma iranien. En 98, il a réalisé « Epitaphe », « Utopie » et « Procès ».

 

En 1999, il est parti aux Etats-Unis. Puis, il éditera  ses trois derniers films au Canada et en Suède. Ces films ont été présentés en 2003 et 2004 dans des festivals de cinéma en Europe, en Amérique latine, en Asie, au Canada et aux Etats-Unis, dans des réunions artistiques et universitaires de plusieurs pays, ainsi que dans différents Etats américains, dans des villes canadiennes et européennes pour des iraniens, ceci par des cercles culturels et des associations de femmes.

 

Le film « Procès » a été présenté au festival Tribeca de New York dans la section des documentaires ainsi qu’au festival « Eye Kinogloz Movie » en Russie et a eu le prix du meilleur film étranger et a été admiré par Mikael Moore.

 

La présentation de ces films dans différents festivals a été la base pour que le cinéma souterrain iranien puisse attirer l’attention des médias et des milieux cinématographiques face au cinéma officiel et gouvernemental.

 

Ces derniers temps, Mansouri, en collaboration avec Ahmad Mahmoud, a publié un livre  intitulé « L’époque non traversée » qui montre une certaine image de la vie de A. Mahmoud écrivain contemporain iranien.

 

Passons à l’entretien :

 

AAB : Pourquoi le cinéma souterrain (clindestin et interdit)?

 

MM : Quand le ministère de morale [« Erchad »] partageait le « surterrain » parmi les artistes, il n’y a pas eu de part pour nous, donc nous sommes allés travailler en souterrain.

 

AAB : Depuis un certain temps, le régime a laissé en apparence une certaine liberté pour les cinéastes à l’intérieur et il y a eu quelques films comme « Le lézard », etc.… qui ont été produits. Qu’en pensez-vous ?

 

MM : Non seulement le régime a laissé une certaine liberté aux cinéastes, mais il est même entré dans l’espace vital du cinéma souterrain pour lequel il a créé des substituts. Des gens comme « Massoud Dehnamaki » (le chef des nervis) réalise le film « Misère et prostitution » dans lequel ces deux phénomènes ont été présentés comme si c’était la responsabilité et l’indifférence de quelques personnes et de la société qui ont créé cette situation ; cela est pour ne pas mettre en question la totalité du système de pillage. Dans ce film, les pauvres sont présentés comme des misérables dont il faut avoir pitié. Il n’y a pas un seul mot ni sur la protestation du peuple contre l’Etat et ni sur la racine de la pauvreté et de la faim.

 

Si le régime voulait, il laisserait la liberté aux cinéastes pour qu’ils présentent les protestations de ceux qui sont pillés, les grèves et la faim des ouvriers, les bandes de l’Etat qui exportent des petites filles sur le marché du sexe des pays européens et arabes, qui font du marché de sexe et qui pillent la société, et des centaines d’autres sujets de ce genre. En Iran, il n’y a pas de liberté pour les cinéastes. Le régime donne la liberté à ceux qui mangent dans sa main, qui sont ses mercenaires – ceux qui mangent du pain souillé de crimes et qui parlent en même temps de l’humanisme.

 

AAB : Certains disent que la plupart des choses que le régime fait se transforment contre lui-même ; par exemple le film « Le lézard » et… 

 

MM : Ca c’est un regard superficiel. Les gens disent que c’est vrai que le film est fait par le régime mais en fin de compte, il se moque des mollahs. Le régime fait des efforts pour que la lutte sociale se présente comme une blague, comme un amusement ; il veut salir la colère du peuple contre l’Etat. A la fin du film d’ailleurs on voit que le délinquant, dans les habits de mollah, réussit et arrive à avoir le prix du festival de Montréal du Canada !!!

 

Ce n’est pas très difficile de comprendre que le régime ne pose pas de problème à tout ce qui ne prend pas une forme organisée pour la lutte, même si cela se présente sous forme de « gauche » et qui se réclame du « socialisme ». Cela fait des années que le régime a autorisé la traduction des livres de Marx et le ministère d’« Erchad » donne cette autorisation pour que Marx soit connu et discuté dans les limites des débats philosophiques et intellectuels et des discussions théoriques. C’est pour éviter la formation d’un nouveau « Siahkal ».

 

Le régime a peur de tout mouvement – qu’il essaie de réprimer --cherchant à organiser les protestations sociales dans une forme distincte et qui aide les luttes souterraines du peuple.

 

C’est dans ce contexte-là que le cinéma souterrain se définit ; il ne montre pas seulement les anomalies sociales, il ne montre pas le peuple comme une poignée de miséreux et de malheureux pour créer la pitié et pour remplir les coffres de bienfaisance des hadjs du Bazar. Le cinéma souterrain s’attaque à la racine de la pauvreté et développe les luttes sociales. Une société arrive à la vie et le partage de la richesse si elle se bat pour la liberté et pour les droits humains. Arriver au pain et à la liberté n’est possible que dans le cadre de l’organisation de la lutte violente du peuple.

 

Le cinéma souterrain prend sa signification dans ce cadre-là. On n’est pas en train de discuter de deux styles artistiques ou deux formes de cinéma souterrain et « sur terrain ». Mais le cinéma est utilisé comme un outil efficace dans les luttes sociales du peuple contre l’Etat. De la même manière, l’Etat utilise le cinéma comme un outil pour dévier la lutte du peuple pour rester au pouvoir.

 

AAB : Evidemment, le cinéma souterrain en Iran a des problèmes de sécurité et de finances. Comment peut-on régler ces problèmes ?

 

MM : Comme je l’ai dit, le régime a peur de tout mouvement organisé et met tous ses efforts pour le détruire. C’est pourquoi le cinéma souterrain fait face à beaucoup de problèmes de sécurité. Néanmoins, il y a des façons de traverser l’appareil sécuritaire de l’Etat, tout en sachant que sur ce chemin l’acceptation des dangers fait partie du travail et ne peut pas être évitée.

 

Le problème financier est le problème permanent de tous les courants indépendants et progressistes. Bien sûr, chacun trouve une méthode pour résoudre ce problème. Moi aussi, j’espère le soutien et la force d’une partie de la société iranienne et d’autres personnes d’autres nations pour réussir ce travail.

 

AAB : Quel genre de sujet le cinéma souterrain aborde-t-il ? Je veux dire par là quel genre de sujets intéresse ceux qui veulent produire des films souterrains ?

 

MM : Le sujet principal est le régime lui-même et tous les événements qui découlent de ce dernier. Ces événements sont présentés non pas sous l’angle du sujet, mais comme des désastres qui dominent la vie du peuple.

 

AAB : Les films souterrains n’ont pas la possibilité d’être présentés en Iran et donc ne couvrent pas beaucoup de monde. Comment peut-on régler ce problème ?

 

MM : En Iran, la possibilité de montrer des films souterrains est beaucoup plus développée que pour les films légaux. Il suffit qu’une copie du film arrive dans les mains de quelques personnes ; très rapidement, tout le monde en fait des copies pour les autres. C’est une façon populaire et vivante qui s’oppose à celle officielle du régime.

 

AAB : Il y a des gens qui pensent, en vous écoutant ou en écoutant des cinéastes comme Bassir Nassibi, Barbod Tahéri, Parviz Sayyad, Djavad Dadsétan, etc.… que tous ceux qui travaillent en Iran collaborent avec le régime. Qu’en pensez-vous ?

 

MM : Ceux qui pensent de cette façon essaient de brouiller les cartes. Ce genre d’idée n’est pas sérieux, c’est n’importe quoi. Tous ceux qui ont lutté pour la liberté du peuple, qui ont été emprisonnés ou tués, étaient en Iran. Ils étaient étudiants, ouvriers, employés, artistes ou écrivains. La vraie lutte se passe en Iran et non pas ici. Ici on ne peut que soutenir la lutte à l’intérieur.

 

Beaucoup de cinéastes, d’auteurs et artistes qui n’ont pas accepté les buts du régime, avaient et ont beaucoup de difficultés. Pas mal d’entre eux ne peuvent même pas payer leurs loyers. Pas mal de talents sont étouffés et écrasés sous la lame de censure du régime. Mais les médias n’en parlent pas, ni à l’intérieur ni à l’extérieur. Sur la base de quelques prix pour quelques cinéastes, personne ne parle de la censure et de la répression qui dominent en Iran.

 

Le point est que le régime, avec la répression et la censure, met en place ses buts sur le terrain social et artistique et il y a ceux qui soutiennent celà.

 

L’année dernière, au festival de Tsalonique en Grèce, le cinéaste tadjik a comparé le cinéma de la République islamique à celui de l’époque de Staline. Djafar Panahi a quitté la réunion du jury en protestant et en disant qu’il y a eu offense contre le cinéma d’Iran et  contre les responsables du pays. Les responsables du pays de Monsieur Panahi ne sont qu’une poignée de criminels. Panahi n’a pas protesté contre ces criminels, il a protesté contre l’offense contre eux. A chaque fois qu’il y a eu une question à  Kiarostami concernant la censure, il a justifié simplement l’oppression et la censure d’une façon savante. L’ambassadeur de la République islamique en France a remercié Kiarostami dans une lettre officielle. Pour Kiarostami la censure n’est non seulement pas une mauvaise chose, mais même ça rapporte pas mal. Bahman Ghobadi dans son interview avec le journal Keyhan de Chariatmadari et d’autres journaux du régime, ne laisse pas de côté une seule opportunité pour flatter le régime. A l’aide du gouverneur et des forces de sécurité installées à Kurdistan, c’est-à-dire  à l’aide des responsables de la répression du peuple kurde, il réalise le film « Perdu en Irak » à propos de la répression du peuple kurde par Saddam, et ceci après la chute de Saddam par les Etats-Unis. En plus, à la fin du film, il remercie les responsables de la répression du peuple kurde pour leur collaboration pour la réalisation du film. Aussi simplement que cela, dans la joie et la bonne humeur, l’entremetteur remplace l’artiste.

 

Il y a quelques mois, Madjid Madjidi a protesté pour dire que le régime n’a pas pu empêcher le fait que les femmes ne se couvrent pas bien sous leur voile. Il a caractérisé ce phénomène de « funeste » ; la répression des femmes au niveau qu’elle est n’est pas suffisante pour lui. Tahmineh Milani dans ses entretiens avec des médias à l’extrieur du pays, dit qu’elle fait des films pour créer le dialogue, comme le Président Khatami l’a demandé. Rakhchane Bani Etemad, pour les dernières élections présidentielles, a mis en place un état major de propagande électorale de la  part des artistes pour la ré-élection de Khatami. Makhmalbaf, après la chute des Taliban, ne les laisse pas tranquilles et arrive à l’entente, à la gentillesse et au lien familial avec Karzaï…Et dans tout cela, les cinéastes de Hezbollah, comme Kamal Tabrizi, Ebrahim Hatami kia, Massoud Dehnamaki, etc.…pour ne pas perdre les avantages d’être critiques, font des films critiques avec la collaboration du ministère de Renseignements. Il y a quelques temps, Younessi, le ministre de Renseignements, a déclaré que son ministère veut mettre en place le cinéma anti-renseignements. Comme si il ne suffisait pas de faire avaler des couleuvres à la société, il rajoute en plus le cinéma caractérisé comme anti-renseignements.

 

Il n’y a pas très longtemps, Ebrahim Hatami kia a écrit une lettre à Younessi, ministre de Renseignements, à propos de la présentation du film « De couleur pourpre » : « Autorisez-moi de vous appeler frère. Le respectable ministre du gouvernement Khatami, monsieur Younessi. Mon frère, je respecte votre chagrin et celui de vos compagnons comme vous avez respecté mon intention. Peut-être que « De couleur pourpre » est une rose épineuse qui a blessé le cœur des compagnons, mais vous savez que je n’ai pas eu d’autres intentions que d’offrir une fleur. Mon frère, sachez que nous sommes de la même tribu, même si nos efforts sont sur deux terrains différents. Nous sommes visibles et vous, je pense, vous êtes dans l’ombre et invisible. »

 

En réponse à Hatami Kia, le ministre écrit : « Je suis sûr que le réalisateur de « De couleur pourpre » a été à la recherche de renforcer les bases du pouvoir de l’appareil de renseignements de la République islamique… » Vous allez voir que dans quelques temps, ce film arrivera à l’extérieur du pays et sera montré par le Centre de présentation des films iraniens aux Etats-Unis, au Canada et en Europe, et une poignée de figurants de l’appareil de culture marécageux du régime à l’extérieur du pays, au nom de critiques,  journalistes, responsables de radios et télévisions feront de la publicité pour ce film et encourageront les gens à le voir en remplissant les salles.

 

AAB : On dit que les films iraniens se sont artistiquement développés. Qu’en pensez-vous ?

 

MM : Imaginez même que tous ces films soient des chefs d’œuvres artistiques ! Est-ce qu’ils sont au service de la vie humaine ou au service d’une poignée de criminels ? Comme disait  Chamlou « Un artiste qui est plus fin dans son œuvre si il ne se sent pas responsable, il est plus dangereux que les autres. »

 

Les éléments du régime essaient de tout mettre dans le cadre de l’artistique pour que les esprits ne se concentrent pas sur les buts de ce genre de films. Le problème n’est pas le degré d’art de ces films, mais même si vous les regardez dans le sens artistique du terme, vous ne trouverez toujours pas de films qui pourraient rivaliser à ceux de Sohrab Chahid Salesse et de Beyzaï ou au  documentaires de Kamran Chirdel, et aux films de Nasser Taghvaï et de Kimiavi dans le passé. Mais le problème n’est pas là.

 

Ceux qui sont angoissés pour les « techniques artistiques » doivent faire des efforts pour enlever le cadavre pourri de ce régime du chemin de la société et pour briser l’appareil de censure ; comme ça ils peuvent voir le nombre de talents qui s’épanouiront dans différents domaines artistiques et sociaux.

 

AAB : Quelle est votre opinion à propos du phénomène de festivals et les prix donnés aux films iraniens ?

 

MM : En général, les critiques occidentaux s’intéressent au cinéma de l’Asie de l’Est parce que celui-ci, pour des conditions géographiques et le contenu et la construction simple et son atmosphère primitive, fait face au cinéma commercial américain. Ceci est dû à plusieurs phénomènes : la marginalisation du cinéma d’avant-garde, surtout après les années 70, la domination dans tous les sens du terme du cinéma débilisant holywoodien sur le marché et la chute des courants comme le cinéma du néoréalisme et la nouvelle vague en Europe, et l’essoufflement du cinéma de l’Europe de l’Est et de l’Amérique latine. Dans ces conditions, le cinéma de la République islamique est aussi intéressant pour un groupe de critiques et de spectateurs occidentaux et c’est normal que si il y avait la possibilité de produire et de distribuer des films qui montrent les réalités courantes de la vie en Iran, les spectateurs et les critiques occidentaux accueillent plus chaleureusement ces films.

 

Mais le regard de ce groupe de critiques et de spectateurs occidentaux est complètement différent de celui des entremetteurs culturels du régime et les responsables d’un certain nombre de festivals. Ces festivals sont en relation avec la fondation cinématographique Farabi et le secteur culturel des ambassades du régime et opèrent dans le cadre des collaborations culturelles et les relations de leur Etat avec la République islamique. Beaucoup de ces responsables de festivals glorifient la politique cinématographique du régime au moment où ils voyagent comme invités au festival de films Fadjr à Téhéran ou bien quand ils donnent des prix aux cinéastes iraniens.

 

Cinéaste, écrivain, activiste politique ou n’importe quel individu  qui se met sur cette voie et qui n’a pas de problème avec le pillage du peuple par le régime, par les pays arabes et les compagnies internationales, on le met en avant dans les médias de propagande. Ces prix ne sont pas seulement pour le cinéma et les films, mais  ils sont donnés aussi dans d’autres domaines à ceux qui font le travail pour le régime : journaliste, activiste pour les droits des femmes, activiste pour les droits de l’homme, activiste social, etc.…

 

De toutes les façons, en ce qui concerne le cinéma, les responsables du régime ont eux-mêmes souvent parlé de la collaboration avec des festivals de cinéma, de l’investissement dans le cinéma et du rôle positif de ces films dans la voie des buts du régime.

 

AAB : Vos films ont été présentés dans plusieurs festivals et ont été discutés. Les iraniens à l’extérieur du pays ont bien accueilli ces films. Qu’en pensez-vous ?

 

MM : Ces films ont été présentés surtout dans les festivals relativement indépendants qui ne regardent pas les films et les œuvres artistiques seulement dans le cadre des politiques de leurs Etats. Ils ont montré mes films en tant que films souterrains. L’année dernière le festival de Cannes m’a envoyé un e-mail pour que je leur envoie mes films pour participer dans la partie documentaire. Pour protester contre la participation de Behrouz Afkhami, député du parlement du régime, à ce festival, je ne leur ai pas envoyé mes films. Je n’ai pas accepté non plus que mes films soient montrés au festival d’Amsterdam aux côtés des films de la République islamique. Ces films sont arrivés à ce stade sans la publicité de la fondation cinématographique Farabi, ni le ministère d’Erchad et ni les réseaux du régime à l’extérieur du pays et leurs entremetteurs. Comme je l’ai déjà dit, cela montre que si il y avait la possibilité de produire des films de protestation et souterrains, les spectateurs occidentaux et les milieux indépendants artistiques accueilleraient plus ce genre de films.

 

AAB : Pendant ces années à l’extérieur du pays qu’avez-vous fait ?

 

MM : Après pas mal d’efforts, j’ai pu éditer et distribuer les 3 films : épitaphe, Utopie et Procès. J’ai réalisé aussi un film de 6 minutes sur la base de la chanson de Iradj Djanati Ataï « De noir vêtus ». Actuellement je fais un film sur les artistes en exil ainsi qu’un film sur la vie de Tahéreh Ghoratoleyne, poétesse combattante pour la liberté. Je travaille aussi sur un film sur la vie de Mazdak. J’ai publié, il n’y a pas très longtemps un livre basé sur la vie de Ahmad Mahmoud, écrivain contemporain, en collaboration avec lui-même quand il était évidemment toujours en vie ; le livre s’intitule « L’époque non traversée ». Un autre livre que je publierai est un recueil d’articles sur Ahmad Chamlou, Gholamhossein Saédi, Sadegh Hédayat et une analyse de la façon dont l’appareil culturel du régime travaille ainsi que la poursuite du travail concernant le cinéma souterrain en Iran.

 

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